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Nyiragongo

     David et Déborah jouaient sur la pelouse devant l’hôtel réservé aux touristes qui visitent le parc national. Il faisait grand soleil, en plein après-midi, à l'Est de la république du Congo, au cœur de l’Afrique. Leur papa les appela.

-Les enfants, ce soir nous irons nous coucher tôt. Je viens de recevoir la confirmation du directeur du parc. Il nous guidera lui-même demain vers l’endroit où se trouve peut-être le septième morceau de la stèle de Baral Gunaykan. Nous partirons à l’aube.


Le lendemain, nos amis se levèrent à cinq heures du matin. L’aurore colorait le ciel de sa lumière jaune, orange, rouge. La journée s’annonçait magnifique. Il faisait déjà chaud. Le garçon, comme sa sœur, enfilèrent un simple short, coupé dans un vieux jean. Ils portaient des tennis aux pieds, préférables aux sandales, à cause des scorpions.

Le directeur du parc arriva un quart d’heure plus tard, à bord d’un véhicule tout-terrain. Le professeur Werly et ses deux enfants y montèrent et l’expédition partit.

Ils suivirent d’abord une longue piste dans la savane. Les deux bandes de terre s’épousaient, parallèles jusqu’à l’infini de la route. A gauche comme à droite, des hautes herbes bordaient cette route, peu employée et déserte. Parfois ils dépassaient un groupe d’arbres à l’ombre desquels se reposaient des antilopes ou des zèbres.

Ils se dirigeaient vers l’horizon où se dressait le cône d’un volcan d’où sortaient quelques fumeroles menaçantes. Le fameux Nyiragongo.

Le guide leur expliqua qu’il les conduisait vers le lieu de culte de la tribu des Arimis.

-Cet endroit s'accroche à flanc de coteau sur le cône même du volcan. Il y a plus d’une centaine d’années, des missionnaires chrétiens s’y arrêtèrent. Ils créèrent un hôpital, une école, un orphelinat et une chapelle, juste à côté, au pied du volcan.

Nos amis écoutaient en silence, fascinés par la beauté de la nature.

-Il y a septante-cinq ans, environ, poursuivit le guide, le cratère se réveilla. Une coulée de lave se dirigea vers les bâtiments élevés avec patience par les religieux et ceux, autrefois par les Arimis. Tous se mirent en prière, tant les sorciers de la tribu que les prêtres chrétiens. La coulée incandescente s'arrêta à quelques mètres seulement des constructions.

-Qui stoppa la lave ? demandèrent les enfants. La bonne volonté du volcan, les prières du sorcier ou celles des prêtres ?

-Personne ne le sait. A vous de juger...

 
Tandis qu’ils roulaient, nos amis observaient la savane. Ils virent un troupeau de girafes au loin. Puis quelques rhinocéros étonnés les regardèrent passer. Des lions se reposaient à l’ombre d’un buisson. Le ciel était d’un bleu intense, la chaleur torride et les moustiques agressifs. Une longue traînée de poussière suivait le 4x4. Là-bas, à l’horizon, le volcan semblait se rapprocher, menaçant.

Soudain, Déborah demanda ce qu’était l’autre fumée qu’elle venait de remarquer vers la gauche.

-Bien observé, répondit le directeur du parc. Elle m’inquiète depuis un moment. Un feu de brousse, je crois, mais le vent souffle vers nous. Les flammes risquent de nous barrer la route. Ce genre d'incendie peut s’étendre sur des kilomètres et des kilomètres en quelques minutes. Il faut que nous arrivions à la rivière noire avant lui ou bien faire demi-tour et remettre notre projet à un autre jour.

Après un bref échange de points de vues, ils acceptèrent de courir le risque et continuèrent à rouler sur la piste, mais plus vite qu’au début.

Le rideau de fumée se fit plus intense. Le front du feu approchait. Il mesurait à présent plusieurs centaines de mètres de large. Nos amis croisèrent des animaux de toutes sortes, lions, gazelles, girafes, antilopes, pêle-mêle, qui fuyaient.


Après un quart d’heure de suspense, ils remarquèrent des flammes et de la fumée à la fois derrière et devant eux. Ils étaient cernés. Tout retour à la sauvette s'avérait impossible maintenant. Le vent violent les avait pris de court.

Ils approchaient de la Black River, ainsi nommée à cause de son lit de roches noires, volcaniques.

-Nous allons être obligés de quitter la voiture et de plonger dans la rivière, annonça le guide. Le vent tourne encore. Le feu se trouve partout à présent, sauf du côté de l’eau.

Il arrêta son véhicule sur un promontoire rocheux à une centaine de mètres des hautes flammes qui, rendaient l’atmosphère presqu’irrespirable tant par la fumée que par la chaleur qu’elles dégageaient.

Les deux amis, terrorisés, quittèrent le véhicule et s’approchèrent de l’à-pic au-dessus de la rivière noire. Elle coulait douze mètres plus bas.

-Il faut sauter. Ici c'est profond. J’espère que vous savez nager.

Déborah, tétanisée par la peur, n’osait pas se lancer dans le vide de si haut. Elle hésitait et hésitait encore. Les flammes se rapprochaient. La chaleur, intense, devenait insoutenable.

Enfin elle se décida en observant son frère, son père et le guide. Elle se lança du haut de la falaise. Après un cri interminable, elle s’enfonça dans l’eau. Elle remonta à la surface presqu’évanouie, à moitié noyée. Elle sentit une main saisir son poignet avec fermeté et la sortir de l’eau.

Elle vit un garçon de l’âge de son frère. Déborah le regarda, tendit les bras et l’embrassa en pleurant.


-Je m’appelle Samuel. Tu as failli boire la tasse, toi.

-En effet, dit notre amie en retrouvant le sourire, ruisselante. Et les autres ?

-Ils arrivent. Regarde.

-Voici mon frère, présenta la fillette à son sauveur. Et voici mon père, et le guide.

-Lui, je le connais, affirma Samuel. Il vient parfois chez nous. Je fais partie de la tribu des Arimis.

-Conduis-nous jusqu’à ton village si tu veux bien, dit le directeur du parc. Là je pourrai téléphoner et demander qu’on nous apporte un véhicule pour vous reconduire à votre hôtel quand le danger sera passé. Plus question de se rendre au Nyiragongo aujourd’hui.

Nos amis marchèrent une heure et aperçurent le campement. Des huttes en pisé. Au centre, on préparait un grand feu pour la fête de la pleine lune, ce soir.

Le chef du village invita nos amis à assister à la cérémonie.

-Viens, proposa Samuel à notre amie. On va se faire peindre le visage, par notre sorcier.

David était un peu réticent, mais Déborah adore se déguiser. Les deux enfants furent grimés comme les autres jeunes de la tribu.

Après un excellent repas du soir, de légumes, d’antilope grillée et de fruits, tous se dirigèrent près du grand feu. Les tam-tams invitaient toute la population à se réunir. Ils s’y rendirent, des plus âgés au plus petits, même les bébés, portés dans les bras.

La fête commença


D’abord, le sorcier dansa. Il était vêtu d’un costume étrange et portait un masque effrayant. Il se contortionna longtemps au rythme des tambours. Samuel, assis entre David et Déborah, leur traduisait ce qu’il disait. Il expliquait le sens de ses pas, la signification de ses cris. Il racontait le feu et comment la tribu y échappa autrefois.

Puis tous purent entrer dans la danse. Samuel invita ses nouveaux amis. Ils hésitèrent d’abord, mais le garçon leur apprit des pas et bientôt les enfants furent entraînés avec les autres sous les étoiles et la lune qui venait d’apparaître à l’horizon de la belle nuit étoilée d’Afrique.

David et sa sœur, envoûtés par le rythme, dansaient et transpiraient. La sueur coulait le long de leurs visages, comme ceux des garçons et des filles de la tribu Arimis.

Samuel tenait sans cesse la main de Déborah. Le chef du village, assis près du professeur Werly, l’avertit que le garçon semblait très amoureux de sa fille.

-Décidément, répondit le père de notre amie en riant, elle remporte du succès partout. Elle a déjà donné une de ses tresses à un gamin en Amérique centrale, un certain Saranga. La série continue…


Plus tard dans la nuit, Samuel proposa à Déborah d’aller se rafraîchir dans un lac proche.

-Par cette chaleur, cela fera du bien, promit son copain. L’eau y est assez froide, mais on s’y habitue vite. Et il y a une petite cascade.

Tous deux, trempés de sueur, s’éloignèrent main dans la main en direction du bassin naturel. Ils y plongèrent.

Quel bonheur de nager ainsi sous les étoiles après la fournaise autour du feu et les danses frénétiques, presqu’exaltées. Les deux amis se dirigèrent ensuite vers la cascade, et se hissant sur des rochers se laissèrent arroser en abondance sous le jet puissant de la cataracte.

Le garçon demanda à Déborah pourquoi elle avait un côté de cheveux longs et l’autre court. La fillette expliqua qu’elle avait donné une de ses tresses à un ami en Amérique centrale, quand il l’avait demandée en mariage.

-Je comprends, dit Samuel en souriant. Tu es si jolie. Je peux t’embrasser sous la chute d’eau ? Souvent les jeunes amoureux de ma tribu viennent ici se déclarer à celle qu’ils aiment.

Déborah, d'abord hésitante, se rappela qu’elle devait la vie à ce garçon qui l’avait sauvée de la noyade dans la Black River. Elle le suivit sous la cascade.

Mais d’autres enfants arrivaient, y compris David. Tous plongèrent dans l’eau et s’ébattirent sous la lune et les étoiles, au cœur de la nuit.

 

Soudain, quelques aînés proposèrent de se rendre à Salongo.

-C’est quoi Salongo ? demandèrent David et Déborah.

-C’est un lac vert, situé plus haut, aux abords du Nyiragongo. Un endroit merveilleux. L’un des plus beaux paysages du monde. Toutes sortes d’animaux viennent y boire au lever du soleil. On peut les observer tout à son aise. On pourra s’y baigner. Tu verras les couleurs de l’aurore illuminer peu à peu la savane, avec leur cortège de couleurs, une symphonie de lumière.

Nos amis se sentaient épuisés, mais l’aventure les tentait. Ils coururent jusqu’au village demander l’autorisation à leur papa. Celui-ci leur rappela qu’ils s’étaient levés avant l’aube et que s’ils marchaient jusqu’à Salongo, ils ne reviendraient pas avant le lendemain midi ou même au début de l’après-midi, très fatigués sans doute. Mais, ils ne sont pas des mauviettes, ils l’ont prouvé tout au long du voyage.


Une quinzaine de garçons et de filles, et nos deux amis, s’élancèrent sur les pistes. Ils cheminaient bras dessus, bras dessous sous les étoiles. Samuel marchait à côté de Déborah. Il tentait de lui prendre la main chaque fois qu’il pouvait. Les tam-tams rythmaient la nuit, là-bas au village, derrière eux.

Le son baissa peu à peu, tandis qu’ils s’éloignaient jusqu’au moment où l’on n’entendit plus rien. Ils venaient d’atteindre le pied du volcan. Le terrible Nyiragongo, encore en activité.

Ils suivirent, en file indienne à présent, un étroit sentier très raide. Une bonne heure plus tard, ils traversèrent un éboulis de roches chaotiques qui dressaient leurs formes fantomatiques sous les feux argentés de la pleine lune.

Les premières lueurs de l’aube apparurent à l’horizon. D’un côté, c’était la montagne noire et menaçante, de l’autre, le bleu nuit fit place au bleu foncé qui pâlit peu à peu.

Puis, très vite, ce fut l’illumination. L’horizon s’enflamma de lumières jaunes, oranges, rouges, intenses et radieuses. Le soleil apparut, embrasant la savane. La journée commençait.

Epuisés mais heureux, nos amis regardaient la symphonie des couleurs naître autour d’eux, mais aussi le rassemblement d’animaux de toutes sortes qui pataugeaient au bord du lac vert et buvaient la fraîcheur du matin.

Peu à peu, après s’être abreuvées, les bêtes s’éloignèrent. Le volcan se dressait rouge et noir derrière les enfants. Le soleil brillait maintenant dans le ciel devenu bleu uni. Tous se baignèrent dans l’eau couleur émeraude.


Pendant la baignade, David demanda à Samuel si la chapelle et le lieu de culte des Arimis était loin.

-Que veux-tu y faire ? demanda le garçon. Il n’y a plus rien à cet endroit. Une coulée de lave faillit tout emporter autrefois.

Nos deux amis s’inquiétèrent. S’il n’y a plus rien dans cette chapelle, où se trouve le morceau de la stèle? Les aînés expliquèrent que tous les objets du culte avaient été transférés dans un endroit secret.

David et Déborah racontèrent le but de leur voyage. Ils évoquèrent même Baral Gunaykan.

Samuel se tourna vers l’aîné de ses copains. Ils bavardèrent un moment dans leur patois local que nos amis ne comprenaient pas. Puis le garçon se tourna.

-Nous vous invitons dans ce nouveau lieu de culte, mais vous devez jurer le secret. En plus, vous subirez comme nous, les quatre épreuves. Ce n’est pas nous qui vous les soumettrons, c’est le volcan. La montagne choisit ceux et celles qu’elle accepte d’initier au chemin tabou et ceux qu’elle refuse. Si elle te refuse, le volcan te tue…


Déborah, inquiète, se tourna vers son ami. Avait–il déjà réussi les épreuves ? Le garçon répondit qu’il les avait passées à plusieurs reprises.

-Chaque fois qu’on se rend à cet endroit, une ou deux fois par an, pour honorer et apaiser les dieux du volcan, on doit les repasser.

Après un instant d’hésitation, la fillette décida de les accompagner, d’autant plus que son frère et son nouveau copain promettaient de l’aider.

Ils suivirent en pataugeant un étroit canyon qui s’enfonçait dans la montagne. Il se terminait par une cascade très haute et très puissante. Il fallait la traverser. Un éboulement de rochers noirs, de la lave refroidie et durcie, donnait à cet endroit une allure fantomatique et sinistre. Ces pierres, énormes, étaient en permanence arrosées par des fines gouttelettes provenant de la cataracte.

Ils se faufilèrent parmi cet amoncellement impressionnant, traversant plusieurs mares parfois profondes, qu'ils passèrent en nageant dans une eau aux couleurs douteuses et à l'odeur de souffre. Ils atteignirent enfin le pied de la chute. Première épreuve.

David et Samuel donnèrent la main à Déborah. L’eau fait mal à la tête et aux épaules quand elle tombe de si haut. Ils coururent sous la cascade dont l’impétuosité tentait de les plaquer au sol.

Derrière le rideau aquatique se trouvait une vaste grotte dont le sol consistait en un étang de boue noire. Deuxième épreuve. Le groupe d'enfants pénétra dans la vase tiède. Ils y pataugèrent, puis soudain le sol devenu glissant se déroba sous leurs pieds. Notre amie en ressortit de l’autre côté, couverte comme les autres de boue noire qui coulait le long du dos, du torse, du short, des jambes et des bras.

-Elle va nous servir, annonça Samuel. Elle va nous protéger dans la salle des gueulards.

Le garçon expliqua que ce sont des trous qui communiquent avec le centre du volcan. A certains moments, ils crachent des pierres ou du gaz et cela fait un bruit assourdissant. Troisième épreuve.

-C’est effrayant et dangereux. Si tu reçois sur toi une pierre de lave projetée par le volcan, tu peux en mourir et le gaz peut te brûler, sauf si la boue te protège. Une fois encore, le volcan choisit ceux qu’il respecte et élimine les autres.

La peur au ventre, David et Déborah passèrent, en courant avec les autres, la salle des gueulards.  Personne ne fut touché.

Puis ils pénétrèrent dans une gigantesque caverne. La chaleur y devint insoutenable. Le sol était un lac de lave jaune, bouillante, parsemée de rochers noirs.

Nos amis sentaient leurs pieds brûler littéralement, malgré la semelle de leurs sandales de gym. Ils se demandaient comment leurs copainss tenaient le coup, pieds nus, sur des rochers aussi chauds.

Après la cascade, la boue et les gueulards, la quatrième épreuve paraissait la plus dangereuse. Il fallut sauter d’une pierre à l’autre au-dessus de la lave incandescente. Si l’un d’eux ratait son saut, il disparaîtrait dans cette roche en fusion, brûlé atrocement.

Vers le fond de la caverne, se trouvait un passage avec une coulée de lave un peu plus large. Déborah s’élança sous les encouragements de tous, mais eut un instant bien compréhensible d’hésitation. Cela lui fit perdre une petite partie de son élan. Elle faillit glisser, mais Samuel l’empoigna avec fermeté et lui évita une mort horrible.

C’était la seconde fois en vingt-quatre heures qu’il lui sauvait la vie.


Ils entrèrent alors au cœur de l’espace tabou, étouffant. Ils étaient tous court d’haleine. La chaleur devenait de plus en plus oppressante. Une odeur de soufre rendait la respiration encore plus difficile. Les bruits du volcan qui grondait près d’eux, étaient hallucinants.

Là, parmi les objets du culte Arimis, nos amis remarquèrent le septième morceau de la stèle de Baral Gunaykan.

Malheureusement, la pierre était cassée. Ils récupérèrent deux parties qui se complétaient, mais il manquait un troisième tiers qu’ils ne virent nulle part. David glissa les deux morceaux dans les poches arrière de son short.


Ils retrouvèrent la lumière du jour après une belle glissade à sens unique dans l’eau d’un torrent, une sorte de long toboggan. Ils tombèrent tous, l’un derrière l’autre dans un lac profond. Ils y nagèrent avec plaisir. Ils burent l’eau d’une cascade fraîche.

Une longue marche les attendait à présent pour revenir au village. Les enfants avançaient en silence, épuisés par la longue nuit et affamés par les épreuves, les émotions, et les bains pris à jeun.

Un moment, Déborah se sentit envahie de vertiges. Elle dut s’asseoir un instant. Elle avait trop faim. Samuel se rappela alors que les enfants européens ont l’habitude de manger au moins trois fois par jour, tandis que dans les villages pauvres ils ne reçoivent quelque chose pour se nourrir que le soir.

Mais nos amis ont du cran. La fillette se releva. Elle accepta la main de son sauveur et marcha sans se plaindre. Ils traversèrent un long espace  de plaines et d’herbes hautes sous un soleil implacable.

Ce fut une belle partie d’amitié, une marche fraternelle qui les ramena au camp des Arimis à la tombée du jour.

David remit les deux morceaux de stèle à son père.

Après un repas bien mérité, nos amis passèrent la nuit avec leur papa dans la hutte réservée aux invités de la tribu. Un dernier sourire et ils s’endormirent épuisés.

A l’aube, le directeur du parc les attendait avec un véhicule tout-terrain.


Nos amis embrassèrent leurs copains et copines. Samuel serra Déborah contre lui.

-Je ne te demande pas ta deuxième tresse, dit le garçon en riant, mais je penserai à toi tous les jours.

La fillette émue jura qu’elle ne l’oublierait jamais.


En partant, une fois de plus le cœur serré, elle songea à tous ses amis et amies autour du monde. Elle rêva d’une terre unie, en paix, où chacun, communiquant avec l’autre par-delà les frontières, les races ou les religions, voudrait bâtir un monde d’amitié, un monde fraternel.


Retrouve David et Déborah à la huitième étape : Manhattan.