Béatrice et François
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Trois histoires de chats

François se trouvait à la plaine de jeu avec ses petites soeurs Olivia, cinq ans et Amandine, trois ans. Béatrice, sa grande amie, l'accompagnait. Agés tous deux de sept ans, ils habitent la même rue et vont à la même école.

Le garçon s'amusait sur les balançoires tandis que sa copine jouait dans le bac à sable, entourée d'une ribambelle de petits, tout heureux que pour une fois, une grande acceptait de les aider à construire des jolies maisons et des hauts châteaux.

Soudain, François aperçut un livre. Il traînait sur un banc désert.

Notre ami arrêta sa balançoire et s'approcha. Il lut le titre : "Trois histoires de chats".

Il s'assit et l'ouvrit. Les contes semblaient jolis.

Il appela ses petites soeurs. Elles arrivèrent en courant avec Béatrice.

- Asseyez-vous là devant moi, je vais vous lire une histoire.

Entendant cela, tous les enfants du parc, surtout les plus petits, vinrent eux aussi s'asseoir devant le garçon.

Il commença sa lecture.

 

"Il y avait une fois un chat tout noir qui s'appelait Diabolo.

Il habitait avec une vieille dame au quatrième étage d'un immeuble qui en comportait quatre. Il menait une existence heureuse. La bonne grand-mère lui choisissait les meilleures croquettes et le prenait souvent sur les genoux en regardant la télévision.

En face, dans un building à appartements tout à fait semblable, se trouvait un vieux monsieur. Il vivait seul. Souvent, il observait la vieille dame. Il lui faisait des petits signes d'amitié auxquels elle répondait avec un grand sourire en agitant les doigts de la main.

La nuit Diabolo quittait le confort douillet du salon et partait chasser les souris sur les toits. Il sortait par une fenêtre entrouverte et se glissait dans la corniche. Parfois il s'accrochait à la gouttière.

Une nuit de pleine lune, le chat découvrit le nid d'une pie, derrière une haute cheminée.

L'oiseau n'était pas là.

Le chat s'approcha avec prudence et aperçut une bague en or au milieu des plumes. Il s'en saisit et retourna à l'appartement sans demander son reste.

Il la posa sur le paillasson, juste devant la porte de la vieille dame.

Quand la bonne grand-mère s'éveilla, le lendemain matin, elle vit aussitôt la bague. Elle la ramassa, étonnée. Elle l'observa de près. A l'intérieur, quelques lettres étaient gravées. Elle lut :

"A toi pour toujours mon amour".

La vieille dame ne pensa pas un seul instant à Diabolo. Elle crut que ce cadeau venait du vieux monsieur qui habite en face.

- Quelle charmante attention de sa part, dit-elle tout haut. Je vais aussi lui faire un cadeau.

Elle mit ses bottes et son manteau et partit au marché de la ville. Là, elle acheta un très beau bouquet de fleurs.

Elle revint dans sa rue et sonna chez le vieux monsieur. Il ouvrit la porte.

- Que ces quelques fleurs vous comblent de bonheur, dit-elle.

- Merci, chère madame, mais qu'ai-je bien pu faire pour mériter une si jolie attention?

- Vous ne devinez pas? répondit-elle en montrant la jolie bague.

- Je ne connais pas ce bijou et il ne vient pas de moi. Mais j'observe souvent votre chat le soir. Il sort par la fenêtre et part sur les toits. Je pense que c'est lui qui vous a apporté cette bague.

- Oh! Diabolo! Mon gentil compagnon...

- Entrez, madame, et venez prendre une tasse de café chez moi.

Depuis ce jour-là, la vieille dame et le vieux monsieur se voient tous les jours, parfois chez l'un, parfois chez l'autre.

Et leurs vies à deux les remplissent de bonheur."

Les enfants applaudirent.

 

- A ton tour Béatrice, dit François. Les enfants, ma copine va vous lire la deuxième histoire. Celle d'un chat appelé Mistigri.

 

"Il y avait une fois un chat gris appelé Mistigri. Il vivait dans une ferme à la campagne.

Souvent, la nuit, il partait dans les étables à la chasse aux souris. Parfois, il allait dans les champs pour trouver des mulots.

Un soir, qu'il passait par la prairie en suivant le sentier qui mène à l'étang, il rencontra une grenouille verte.

- Bonjour petite mignonne, lança Mistigri. Que fais-tu si loin de ta mare d'eau?

- J'adore me baigner. Mais comme il ne pleut plus depuis quelques jours, il ne reste plus beaucoup d'eau dans l'étang et puis elle devient boueuse. Je cherche un autre endroit pour aller m'y plonger.

- Moi, je déteste l'eau, répondit Mistigri. Mais suis-moi. Je vais te conduire à un très bel endroit où tu pourras nager.

Tous deux arrivèrent devant la grange de la ferme.

- C'est là-haut, indiqua le chat.

- Comment veux-tu que je grimpe sur ce toit? demanda la grenouille. Je n'ai ni des griffes pour m'accrocher ni des ailes pour m'envoler.

- Viens sur mes épaules. Tiens-toi bien. Je t'y mène.

Et l'on vit quelque chose d'incroyable. Une grenouille sur le dos d'un chat qui escaladait le vieux mur.

- Nous y voilà, dit-il un peu essoufflé. Regarde comme c'est beau.

La gouttière était bouchée. Du coup, l'eau des pluies récentes s'accumulait dans une large corniche. Cela créait une vraie piscine. On voyait s'y refléter les étoiles.

La grenouille s'y plongea.

- Quel bonheur! lança-t-elle.

En plus, on apercevait les lumières des maisons du village et les réverbères allumés dans les rues.

- Merci fit la grenouille. A mon tour de t'inviter.

Ils redescendirent comme ils étaient venus. Mistigri suivit son amie jusqu'au bord de l'étang. Des nénuphars en couvraient la surface de leurs feuilles rondes et vertes.

- Viens, petit chat. Saute avec moi. On va bien s'amuser.

Mistigri bondit sur une feuille de nénuphar, mais il était bien trop lourd pour ce sport. Il glissa dans l'eau de l'étang. Il en ressortit aussitôt tout mouillé.

La grenouille riait gentiment.

- Je ne trouve pas ça drôle, grogna Mistigri en se secouant. Je n'aime pas cela du tout.

Depuis cette fameuse nuit, ils restent quand même grands amis. Ils se promènent souvent ensemble, et remontent parfois sur le toit de la ferme. Mais le chat ne s'approche plus de l'eau de la mare."

 

Tous les enfants applaudirent.

- A toi, François. Lis-nous la troisième histoire.

 

"Il y avait une fois un petit chat blanc, tout blanc. On l'appelait Flocon de neige.

Il habitait une jolie maison dans un village.

Un jour, en se promenant dans le bois, juste de l'autre côté de la rivière, il entendit des pleurs.

Etonné, il s'approcha doucement, et aperçut un petit garçon, assis au pied d'un vieil arbre. Le petit bonhomme pleurait à chaudes larmes.

Flocon de neige le regarda en silence.

Cet enfant s'était éloigné de sa maison en allant cueillir des myrtilles. S'avançant d'un arbuste à l'autre, il s'était bel et bien égaré dans la forêt.

Le chat miaula puis s'approcha doucement, pour ne pas l'effrayer.

Le petit garçon tendit la main pour le caresser. Puis il le prit dans ses bras. Il ne se sentait plus tout seul à présent.

Flocon de neige sauta à terre puis s'éloigna vers le village. L'enfant le suivit.

Le chat passait à travers tout... les orties, les ronces, les branches mortes tombées à terre ne le gênaient pas. Le petit bonhomme avait bien difficile à le suivre mais il ne voulait pas le perdre de vue.

Et le garçon revint ainsi à son village. Il aperçut sa maison et y courut.

Se retournant, il reconnut alors que ce chat tout blanc était celui de la voisine, Flocon de neige.

- Merci, dit-il, en le caressant encore et encore. Je te trouve très gentil d'être venu me chercher.

Flocon de neige repartit chez lui très content."

 

- Voilà les trois histoires de chats, les enfants, dit François en refermant le livre.

Béatrice le posa sur le banc puis nos deux amis, donnant la main aux petites soeurs, Olivia et Amandine, retournèrent à leur maison en chantant.