Juliette
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Teddy

     Après le repas du soir, Juliette passa à la salle de bains. Sa maman l'aida pour la douche puis elle mit son pyjama et se brossa les dents. Ensuite, elle se précipita à sa chambre pour jouer un peu. Ce n'était pas encore l'heure de se coucher.

Elle escalada son lit et voulut prendre son doudou sous l'oreiller. Un petit ours blanc en peluche. Elle ne le trouva pas.

Elle regarda sous la couverture, puis sous son lit, pas de doudou.


Juliette a trois ans et demi. C'est une joyeuse fillette très vive. Tu la verras souvent coiffée d'une longue queue de cheval retenue par un élastique, chaque jour de couleur différente.

Donc, pas de doudou.

Elle chercha partout dans sa chambre, mais sans succès. Elle s'assit sur son tapis, s'appuyant contre son lit, et se mit à pleurer. Un rayon de soleil éclairait son visage, illuminant ses larmes comme des gouttes de rosée ou des petits diamants.


Sirli, son petit chat, traînait dans le couloir. Il s'arrêta et passa la tête par la porte ouverte de la chambre. Juliette l'appela trois fois.

-Sirli, Sirli, Sirli.

Il entra et vint se mettre près d'elle pour se faire caresser.

-Petit chat, je ne trouve plus mon doudou, tu sais, mon petit ours blanc en peluche. Je l'appelle Teddy.

-Habille-toi, et regarde au jardin. Il te reste du temps avant la nuit.

-Quelle bonne idée! J'y vais tout de suite.

Juliette enfila sa salopette rose et ses chaussures de toile blanche. Elle sortit de la chambre et courut dans l'escalier.

 

Elle ouvrit la porte de la cuisine et regarda dans l'herbe. Elle ne vit rien.

Se tournant vers la maison, elle aperçut un joli lézard vert sur le mur de briques rouges, près de la fenêtre du salon. Elle l'appela trois fois.

-Lézard vert, lézard vert, lézard vert.

-Oui, que veux-tu ?

-Toi qui sais grimper sur le mur bien haut, ne vois-tu pas mon doudou ? Un petit ours blanc en peluche.

-Non, mais va au fond du jardin. Il se promène peut-être parmi les fleurs et l'herbe haute.

 

Un hérisson se reposait au soleil, au milieu des boutons d'or. Juliette le vit et s'en approcha.

-Petit hérisson, petit hérisson, petit hérisson.

-Oui, que veux-tu ?

-Je cherche mon doudou. Un petit ours blanc en peluche. Il s'appelle Teddy. Tu l'as vu par ici?

-Tu ne le trouveras pas dans ce coin. Va voir dans le jardin à côté.


La fillette se mit à quatre pattes et se faufila par un trou de la haie dans le jardin de la maison voisine de la sienne. Sa meilleure amie habite là.

Juliette ne vit pas sa copine, mais sa tortue se promenait dans les rocailles. Notre amie l'appela trois fois elle aussi.

-Vieille tortue, vieille tortue, vieille tortue.

-J'arrive.

-As-tu aperçu mon doudou en te promenant, par hasard ?

-Il porte une carapace sur le dos comme moi ?

-Non, c'est un petit ours blanc en peluche.

-Je ne l'ai pas vu, mais des poussins viennent de passer sur le chemin, derrière la barrière, au fond de ton jardin. Interroge-les, ils ne doivent pas être loin. Ils l'ont sans doute rencontré.


Juliette ouvrit la barrière et fit quelques pas sur la route en terre. Normalement, elle ne peut pas. Elle sait bien qu'il faut demander la permission à papa ou à maman pour aller se promener par là. Mais les poussins venaient d'entrer dans le champ de blé. Elle devait se dépêcher.

-Les poussins, les poussins, les poussins.

-Oui.

-Je cherche mon doudou.

-Il porte des plumes jaunes comme moi? répondit l'un d'eux. Je crois que je l'ai aperçu dans la cour de la ferme.

-Non, c'est un petit ours blanc en peluche.

-Je ne sais pas où il se trouve. Appelle le lapin qui vit dans le champ de blé. Son terrier n'est pas loin. Il t'entendra.


Juliette cria trois fois bien fort.

-Petit lapin, petit lapin, petit lapin.

Il s'approcha mignon, tout blanc, avec des grandes oreilles noires.

-Bonjour.

-Bonjour. Je cherche mon doudou. Il s'appelle Teddy. Je ne le trouve plus. Tu l'as peut-être rencontré ? Il est blanc comme toi, mais c'est un ours.

-Je ne l'ai pas vu. Je regrette de ne pas pouvoir t'aider. Il se promène sans doute le long de la rivière. Il est même peut-être tombé dedans.

-Merci, petit lapin. Je vais aller voir.


Des poissons de toutes les couleurs passaient et repassaient sous les yeux de notre amie. Leurs écailles brillaient à la lumière du soleil. Juliette en appela un rouge.

-Poisson rouge, poisson rouge, poisson rouge.

-Que veux-tu, petite fille ?

-Je cherche mon doudou.

-Il est comme nous, de toutes les couleurs, et il sait nager ?

-Non, un doudou ne nage pas. Normalement, il reste dans le lit. Mais le mien a disparu.

-Il n'est pas ici. Mais s'il est tombé dans l'eau, peut-être que le courant l'a emporté jusqu'à l'étang. Va vite voir.

-Merci, dit Juliette. J'y cours.


Notre amie s'approcha en écartant les roseaux. On entendait les coassements des grenouilles. Les canards couincouinaient à qui mieux mieux en se poursuivant. Juliette observa un instant les nénuphars aux fleurs jaunes et blanches. Elle écouta le chant des oiseaux.

Puis elle appela un groupe de canards qui passait près d'elle.

-Les canards, les canards, les canards. Venez, approchez-vous.

-Que veux-tu petite fille?

-Vous n'auriez pas aperçu mon doudou ? Un petit ours blanc en peluche.

-Nous ne l'avons pas vu, mais retourne-toi. Un papillon jaune voltige juste derrière toi. On dirait qu'il veut te mener quelque part.


Juliette suivit le joli papillon. Il allait de fleur en fleur. Deux fois, il tourna autour de la fillette. Doucement, il la ramenait vers sa maison.

Il s'arrêta un instant au pied d'un grand arbre, près du jardin de notre amie.

Et là, le long du tronc, elle découvrit une forme blanche qu'elle connaît bien.

-Mon doudou !

Le petit ours blanc en peluche attendait assis, sous une branche basse. Notre amie l'avait posé là ce matin, puis l'avait oublié.

Teddy !

Elle le prit dans ses bras et le serra très fort contre sa joue, en le tenant à deux mains.

-Merci, beau papillon, dit-elle en se retournant.

Il s'éloignait déjà vers les grands arbres de la forêt.

Puis elle revint à la maison. Elle chantait son bonheur.