Kâ-a
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Machu-Pichu

     Une foule bariolée envahissait la place de Cuzco. Les familles, surtout des femmes et des enfants, descendus de la montagne, vendaient des couvertures, des poteries, des peaux d'animaux, des moutons, des chèvres, des fromages, et toutes sortes de choses fabriquées avec patience dans les villages péruviens.

David et Déborah donnaient la main à leur papa. Ils observaient, stupéfaits, tout ce monde qui criait, qui s'agitait et qui faisait du commerce tout autour d'eux.

Ils étaient arrivés la veille, bien fatigués du long voyage en avion, à Lima, la capitale du Pérou, et ce midi à Cuzco, deuxième ville du pays. Traversant la place du marché, puis passant devant la cathédrale, ils se rendaient à la gare ferroviaire.

Ils pénétrèrent dans un wagon vieillot aux sièges vétustes, encore en bois. Ils allaient suivre cet après-midi le parcours d'une des plus hautes lignes de chemin de fer du monde.

Tiré par une puissante locomotive, leur train s'ébranla vers quatorze heures. Ils traversèrent des campagnes cultivées, puis le convoi commença à grimper dans la montagne.

-Notre première étape, expliqua le papa, sera Machu-Pichu. Vous allez découvrir le temple du soleil, construit autrefois par les Incas. Le site consiste en des ruines titanesques, qu'il nous faudra fouiller pour découvrir le premier morceau de la stèle laissée par Baral Gunaykan, autrefois.

Les deux enfants écoutaient leur père en regardant défiler le paysage.

-Une chose m'étonne, cependant, poursuivit le papa. Les ruines que nous allons visiter ne furent révélées au monde qu'en 1911, or nous savons que notre ami Baral effectua son voyage vers 1887 ou 1888. Comment connaissait-il l'existence de ce temple ? Cet homme me stupéfie.


Sur le siège, en face de nos trois amis, se trouvait une femme qui tenait un grand sac sur les genoux. A sa gauche et à sa droite, deux enfants de l'âge de David et Déborah, une fille et un garçon riaient sans cesse.

Après s'être observés un moment, ils échangèrent quelques paroles timides avec nos deux copains. Puis leur conversation s'alimenta d'elle-même, mélangeant des récits de vie et de voyage.

La fille s'appelait Maria et le garçon Huánuco. Ils habitent à Machu-Pichu, enfin, au village situé à quelques centaines de mètres des ruines. Quelle chance pour nos amis! Ils allaient profiter d'excellents guides pour se rendre sur les lieux !

A l'extérieur, le paysage devenait de plus en plus impressionnant. La vallée se creusait, et plusieurs centaines de mètres plus bas, dans un à-pic vertigineux, on apercevait un torrent noir, s'écumant de roche en roche, de cataracte en chute d'eau. De l'autre côté, se dressait la paroi abrupte de la montagne et au loin, parfois, entre les nuages, apparaissaient quelques cimes neigeuses de la Cordillère des Andes.

A chaque gare, quelques personnes quittaient le train. Rares étaient celles qui montaient pour aller plus haut dans la montagne. Les villageois retournaient chez eux après être descendus la veille ou dans la nuit au marché de Cuzco.


Le convoi s'arrêta vers le milieu de l'après-midi, apparemment sans raison. On n'apercevait aucune gare. Huánuco partit se renseigner en compagnie d'autres personnes. Quand il revint, tous apprirent que le train ne poursuivrait pas sa route. Un glissement de terrain, mêlant roches et boues, envahissait la voie de chemin de fer. Il fallait poursuivre à pied.

Le professeur Werly, David et Déborah, saisissant un petit sac à dos, accompagnèrent Maria, Huánuco et leur maman sur un sentier qui longe les rails et grimpe à flanc de montagne en direction du site prestigieux où ils espéraient passer la nuit.

Hélas, malgré la marche éreintante, sans cesse grimpante le long de la voie, ils ne purent atteindre Machu-Pichu avant le soir.

L'aventure était au rendez-vous dès la première étape.

Lot de consolation, nos amis observèrent un somptueux coucher de soleil. Les neiges éternelles des hautes cimes se colorèrent en orange tandis que la vallée profonde qu'ils longeaient, disparaissait déjà plongée dans l'obscurité bleue de la nuit. Un vent glacial descendit des montagnes.

Nos deux amis étaient habillés bien trop légèrement pour affronter ce froid. T-shirt, short, baskets. Le reste se trouvait dans les valises rangées à la consigne de l'hôtel à Cuzco. Ils n'avaient pas prévu cette longue et dure randonnée. Ils grelottaient, malgré l'escalade de plus en plus abrupte. Le sentier montait sans cesse.

La mère de Maria et Huánuco ouvrit son grand sac et couvrit ses enfants d'une bonne couverture de laine, des invendus du marché qu'elle rapportait chez elle. Observant nos amis, elle leur en prêta une ainsi qu'à leur papa. Tous trois remercièrent avec chaleur.


Ils parvinrent à la nuit tombée près d'un long bâtiment en pierres grises. Tous les voyageurs y entraient. C'était une sorte de caravansérail, un refuge de montagne, assez grand pour recevoir une centaine de personnes. Mais ils étaient plus de deux cents.

Un grand poêle central réchauffait le local. La cheminée tirait mal et un peu de fumée se répandait dans la pièce où les gens s'entassaient et se serraient en une mêlée bariolée et bruyante.

On s'installait pour passer la nuit dans ce refuge. Chacun cherchait une petite place parmi la foule qui encombrait l'espace. Nos amis s'assirent contre le mur, sur un matelas, près de leur papa. Huánuco, Maria et leur maman se casèrent tout près d'eux sur un autre. Grâce aux épaisses couvertures, tous avaient atteint cet endroit dans de bonnes conditions.

Des animaux, chèvres et moutons bêlaient au milieu de la vaste pièce sombre. Des rats énormes couraient partout en couinant.

A leur tour, David et Déborah partagèrent les bonbons et les chocolats emportés pour la journée ainsi que quelques tartines, car la soupe distribuée dans ce caravansérail était grasse et beaucoup trop pimentée. Pourtant, beaucoup de familles durent s'en contenter pour le repas du soir.


Après une nuit pénible, entrecoupée d'éveils fréquents causés par les pleurs des bébés et les ronflements des vieux, certains en plus n'arrêtaient pas de tousser, le soleil reparut enfin et chacun reprit l'ascension au long du sentier.

Ils parvinrent vers midi en vue de Machu-Pichu.

Le site impressionne le visiteur. Sur un éperon rocheux, situé contre une haute montagne en forme de pain de sucre et encadré par les cimes de la Cordillère des Andes aux sommets neigeux, s'étendent les ruines du temple du soleil. Des bâtiments titanesques, certains comptent sept étages, constitués de pierre grise et brune. On y accède par un pont que nos amis franchirent avec leur papa.

Huánuco et Maria les accompagnaient pour l'après-midi. Leur maman invitait ensuite nos amis pour le repas du soir et se proposait de leur prêter une chambre de la maison pour la nuit.

Ils parcoururent les ruines imposantes de Machu-Pichu de long en large, hélas sans trouver la moindre trace du morceau de stèle de Baral Gunaykan. Ils commençaient à désespérer. Le soir tombait. Il restait à fouiller le dernier étage du gigantesque sanctuaire.

Au moment de commencer à gravir l'escalier monumental qui mène à cette plate-forme, Huánuco s'arrêta et expliqua que monter là-haut est interdit, tabou. Seuls les membres d'une secte secrète sinistre et mystérieuse, des prétendus adorateurs du soleil, ont le droit d'emprunter ces dernières marches. Le garçon ajouta que cette secte existe encore aujourd'hui et remonte à la nuit des temps.

Ne voulant pas forcer les deux enfants péruviens, le papa de David et Déborah proposa à nos amis de retourner au village avec eux. Lui seul allait risquer de franchir l'interdit et faire une petite fouille rapide avant la nuit.

Les quatre copains revinrent donc à la maison de Huánuco et Maria et passèrent un moment agréable dans leur joli jardin. Puis on se mit à table.

 La nuit était tout à fait tombée mais le père de nos amis n'était toujours pas de retour. Ils se sentaient de plus en plus inquiets.


Pendant le repas du soir, ils firent la connaissance du papa de Huánuco et Maria. L'homme se montra taiseux, même assez désagréable. Il n'adressa pas une seule fois la parole à nos amis. Il ne tolérait en apparence que très mal leur présence à sa table.

Dès le repas achevé, David et Déborah quittèrent la pièce, après avoir remercié leur hôtesse et se dirigèrent vers la petite chambre qu'on leur réservait.

Soucieux par l'absence de leur père, ils ne se déshabillèrent pas. Ils l'attendirent, étendus sur les couvertures.

-Je me demande quand papa va revenir, murmura Déborah. Que lui arrive-t-il ?

-La nuit est tombée depuis longtemps, dit David en soupirant. Il ne peut pas fouiller dans cette obscurité. Et je vois sa lampe de poche ici, dans le sac.

-Le père de nos amis me fait peur, reprit la fillette. Il semble méchant. Il est ressorti très vite après le souper et sans même nous dire au revoir.

Les deux enfants bavardèrent encore tout bas. Dehors, le vent glacé venu des montagnes sifflait et le froid de plus en plus intense envahissait les rues.

-Je vais voir, dit tout à coup David.

Le garçon se leva.

-Je viens avec toi, fit Déborah.

-Habille-toi le plus chaud que tu peux.

Ils n'emportaient que leur short, leurs baskets et un t-shirt. Plus un second dans le sac à dos. Ils le passèrent au-dessus du premier pour tenter de faire écran au vent glacial. Ils quittèrent la maison endormie sans bruit et se dirigèrent vers les ruines qui dressaient leur masse imposante et sinistre dans la nuit. Ils couraient plus qu'ils marchaient pour tenter de se réchauffer.


Ils gravirent l'escalier monumental qui mène au septième étage. Arrivés à mi- chemin, ils se mirent à plat ventre derrière un pan de mur pour se cacher. Ils venaient d'apercevoir, en se retournant, un individu qui tenait un flambeau à la main et se dirigeait, lui aussi, vers le temple du soleil. Ils le virent passer devant eux. Il portait une longue cape verte.

Nos amis quittèrent leur cachette et le suivirent en silence jusqu'au plateau du septième étage. C'est un vaste espace dallé, des grands pavés de un mètre carré chacun, environ. Quelques bâtiments en ruine bordaient cette cour. L'homme avait disparu.

Puis ils virent venir quelqu'un d'autre. Il emprunta le même escalier. Il portait une cape violette et tenait également une torche allumée à la main. David et sa soeur se cachèrent dans une des petites constructions délabrées, espérant que le visiteur n'y viendrait pas.

L'homme s'arrêta au milieu de la cour et frappa du pied la dalle sur laquelle il se trouvait. Puis il sauta, comme à la marelle, sur celle qui se trouvait juste en avant. Il fit un dernier bond, sur celle située devant, à gauche, en diagonale. Il frappa de nouveau du pied. Un passage s'ouvrit, que nos amis ne voyaient pas, et l'homme descendit un escalier. La pierre se referma derrière lui.

-Il se déplace comme le cheval au jeu d'échec, dit David.

Déborah s'avança un peu et repéra l'endroit exact où l'homme venait de taper du pied la première fois. Elle s'y précipita, avec son frère, et tous deux imitèrent son manège. Une dalle bascula, laissant apparaître un escalier en pierres grises assez large qui descendait dans la profondeur du sol. Il était éclairé par des torches accrochées aux murs à intervalle régulier. Un dispositif assez simple permettait d'ouvrir et de fermer à volonté, de l'intérieur, la dalle d'entrée.


Les deux enfants s'engagèrent dans la demi-obscurité. Après avoir descendu une centaine de marches, ils débouchèrent dans un grand couloir qui se prolongeait vers la gauche comme vers la droite. C'était sombre à gauche. Ils choisirent d'explorer la partie droite en premier.

Ils remarquèrent deux portes fermées à clé. Une autre, située sur leur droite, demeurait entrouverte. Ils y jetèrent un coup d'oeil. Ils découvrirent une vaste chambre encombrée de tuniques et de toutes sortes d'objets posés en désordre sur des tables. Ils virent aussi des livres empilés, des chandeliers éteints et une collection de statuettes difformes, rangées sur une cheminée en pierre.

Ils refermèrent la porte.

Un murmure, ressemblant à une lente mélopée à rythme lent, parvenait à leurs oreilles depuis quelques instants.

S'éloignant de l'escalier, toujours dans le couloir de droite, ils parvinrent à l'entrée d'un vaste amphithéâtre. Une centaine d'hommes, vêtus de tuniques de toutes les couleurs, psalmodiaient des chants, tandis que l'un d'entre eux, en tunique blanche et masqué semblait s'affairer à force de gestes et de paroles à un office funèbre, sinistre et mystérieux, dans un langage que nos amis ne comprenaient pas.

Les deux enfants écoutèrent un instant, cachés derrière une colonne, puis ils firent demi-tour et se sauvèrent, espérant ne pas avoir été repérés.


Ils repassèrent devant l'escalier par lequel ils étaient venus et explorèrent la partie gauche du couloir, celle dans la pénombre.

Au fond de cette zone, se trouvaient trois portes contiguës. Seule, celle du milieu ne fermait pas à clé. Elle était bloquée par un gros verrou. David le fit glisser en douceur et ouvrit.

Ils se trouvèrent alors devant une sorte de herse, qui les empêcha d'avancer plus loin. Ils entendirent leur père les appeler par leur nom. Il était enfermé derrière la grille.

-Papa, papa, comment te libérer ? demanda le garçon.

-Ils m'ont surpris pendant que j'explorais le septième étage. Huánuco et Maria avaient raison. Ce lieu est tabou. Mais peut-être pas au temps de Baral Gunaykan. Ces hommes qui chantent, là-bas, sont membres d'une secte malfaisante. Je ne connais pas leurs intentions, mais je crains le pire. Le grand maître de la secte, habillé en blanc, tient la clé de cette grille glissée à un cordon autour de son cou.

Tandis qu'ils écoutaient leur père, nos amis ne remarquèrent pas que l'office se terminait. Ils entendirent un bruit de pas derrière eux. Quelqu'un venait. Trop tard pour s'échapper.

David et Déborah se cachèrent derrière la porte. L'individu, masqué et habillé de blanc, saisit la clé qu'il portait autour du cou et s'avança jusqu'à la herse. Bien sûr, il regarda derrière la porte et aperçut Déborah. Il ne vit pas David, dissimulé dans un renfoncement plus sombre, derrière sa soeur. L'homme prit la fillette par le poignet, ouvrit la grille et poussa l'enfant vers son père.

Il referma à clé. Ensuite, sans dire un mot, il repartit.

-Je viendrai vous délivrer, souffla le garçon.

-Sois prudent, tu cours un grand danger, prévint le papa.


David rassembla son courage. Il se sentait bien seul dans les couloirs du temple du soleil, en pleine nuit, à Machu-Pichu, au bout du monde, au Pérou. Il envisagea d'aller chercher de l'aide. Il pensait à Huánuco, Maria, et leurs parents.

Il traversa le couloir à pas de loup, monta le grand escalier en courant et ressortit tout en haut du temple, sur la grande cour dallée. Il dut vite se cacher car plusieurs hommes le suivaient. On recherchait peut-être notre ami.

Il pénétra dans une des maisons en ruine qui bordent la cour. Se penchant par une ancienne fenêtre sans vitre, il aperçut la vallée profonde qui entoure le site, plongée dans la nuit. Près de mille mètres plus bas, le torrent apparaissait en noir et blanc à cause du reflet de la lune dans les cataractes.

David, qui fait un peu d'escalade à l'école, enjamba la fenêtre, et, s'accrochant au moindre interstice entre les pierres du mur, se glissa jusqu'à une sorte de plante grimpante sur la paroi au-dessus du vide. Là, il se dissimula de son mieux.

Le coeur du garçon battait la chamade. Il préféra ne pas songer au gouffre vertigineux au-dessus duquel il se tenait en position précaire. Le vent qui descendait des montagnes lui glaçait le dos. Il tremblait de froid autant que de peur. Ses doigts gelés répondaient de plus en plus mal à ses efforts.

Plusieurs fois, des hommes s'approchèrent et regardèrent par la fenêtre, mais aucun ne le vit. Quand ils furent tous partis, David attendit encore un peu, puis, n'en pouvant plus, il revint vers l'ouverture. Il la ré-enjamba avec prudence et scruta la cour dallée. Vide, noire et silencieuse.

Soudain le passage s'ouvrit. Notre ami se tapit à nouveau dans la poussière. Il vit l'homme en blanc. Il regarda autour de lui, puis retira le masque qui dissimulait son visage.

Le garçon reconnut le père de Huánuco et Maria. Le grand maître descendit l'escalier et disparut en direction du village.

Notre ami se sentit atrocement seul. A qui pouvait-il demander de l'aide, puisque même le père de ses deux amis faisait partie de la secte. Il en était semble-t-il le chef.


David revint sur la cour dallée, frappa du pied au bon endroit et emprunta le grand escalier. Quelques flambeaux étaient encore allumés. Il atteignit le long couloir et retourna vers l'hémicycle où tantôt une centaine de personnes chantaient.

Tout était silence. Un silence rempli de menaces et de peur. David réfléchit en scrutant les lieux désertés. Il ne trouvait aucun moyen pour réussir à délivrer son père et sa soeur.

Il se dirigea vers la pièce où tantôt il avait observé de nombreux habits et des objets de toute sorte. Il y pénétra par la porte entrouverte.Il vit aussitôt une cape blanche accrochée à un cintre. Là, pendait un cordon avec une clé.

Une folle espérance pénétra le coeur du garçon. Il saisit la clé et s'apprêtait à sortir quand il remarqua un morceau de pierre orange d'environ douze centimètres sur huit, épais de deux, posé sur une table, entre plusieurs statuettes difformes.

Il saisit le fragment de roche aux arêtes coupantes. Une des deux faces était couverte de lignes gravées, et l'autre lisse. Serais-ce le premier morceau du labyrinthe de Baral Gunaykan ? Il glissa sa trouvaille dans la poche arrière de son short et retourna sans faire de bruit dans le grand couloir.

Il partit à gauche et ouvrit la porte centrale en glissant le verrou. Il s'arrêta à la herse derrière laquelle se trouvaient son père et sa soeur.

-J'ai peut-être la clé, souffla David.

Il l'introduisit dans la serrure et la grille s'ouvrit. Tous trois s'avancèrent dans le couloir puis suivirent l'escalier plongé dans le silence et la pénombre. Ils sortirent du temple et traversèrent la cour dallée.

Le vent de la nuit, venu des sommets sifflait en force et glaçait jusqu'aux os. Pourtant, malgré le froid, nos amis choisirent de contourner le village. Il fallait éviter d'éventuelles mauvaises rencontres. Tant pis pour le sac à dos qu'ils abandonnèrent chez les parents de Huánuco et Maria.

En apercevant leur maison, Déborah songea aux deux enfants avec regret, car ils étaient devenus amis. Eux deux étaient très chouettes et leur maman tout autant.


David, Déborah et leur papa empruntèrent le sentier qui longe le rail et descend vers Cuzco. Ils marchèrent toute la nuit, grelottant de froid et craignant sans cesse que quelqu'un les suive.

Ils parvinrent épuisés et glacés à l'aube au caravansérail quitté la veille au matin. Ils s'y réchauffèrent un peu.

Ils ne reçurent rien d'autre à manger que le piètre bol de soupe qu'on y distribuait. Deux jours avant, faisant la fine bouche, ils s'étaient gavés de bonbons et de chocolat avec leurs deux amis, mais aujourd'hui, n'ayant rien d'autre à se mettre sous la dent, il fallut bien s'en contenter.

Ils marchèrent ensuite vers le lieu de l'éboulement et montèrent dans le train qui les ramena à la ville de Cuzco.

David montra le morceau de pierre à son père.

Bonheur ! Ils tenaient la première partie de la stèle que Baral Gunaykan brisa en revenant du lieu de sa découverte du Kâ-a. Mais quelle aventure...

 

Retrouve Davd et Déborah à la 2e étape de leur voyage : Le Grand Canyon.