Béatrice et François
Retour Imprimer

La cabane de l'être étrange

      Par un bel après-midi d'été, François proposa à son amie Béatrice d'aller faire un tour au bois à vélo. Ils ont tous deux sept ans et demi et adorent se balader en forêt.

Au retour, ils suivirent un chemin en terre qu'ils ne connaissaient pas. Ils décidèrent d'emprunter les profondes ornières que les pluies récentes avaient remplies d'eau. C'était un peu périlleux de rouler là-dedans, et cela éclaboussait, mais ça les amusait beaucoup.

 

Soudain, ils aperçurent une cabane entourée d'herbe et de ronciers.

Intrigués, ils s'arrêtèrent, posèrent leurs vélos à terre et observèrent la maisonnette. Les planches des murs étaient verdies par l'humidité. Des mousses et des champignons s'accrochaient aux angles des poutres. Le toit était couvert de feuilles mortes. La cabane semblait abandonnée.

Curieux, trop curieux peut-être, ils eurent envie d'aller la regarder de plus près. À sept ans et demi, on aime goûter à l'aventure, surtout quand on n'est pas tout seul.

Abandonnant leurs vélos, ils traversèrent la pelouse en friche. L'endroit paraissait désert. Une porte, en bois également et fermée, découpait la façade, précédée d'une véranda couverte par un auvent.

Nos amis gravirent doucement et en silence les trois marches en pierre qui menaient à cette entrée. Des feuilles mortes, quelques toiles d'araignées, un tesson de bouteille, jonchaient le sol.

Ils frappèrent discrètement, puis plus fort, mais ne reçurent aucune réponse.

Béatrice risqua de saisir la poignée de la porte et réussit à ouvrir sans difficulté. Ils entrèrent tous deux, cœur battant, dans une pièce vide, pauvrement éclairée par deux petites fenêtres, tellement étroites qu'on aurait à peine pu y passer la tête.

Ils perçurent aussi une désagréable odeur, mélange de renfermé, de poussière et de moisi. Les planches qui couvraient le sol, grinçaient à chacun de leurs pas. Une seconde porte menait, semble-t-il, à une autre pièce.

Tout à coup, François fit signe à sa copine de ne plus bouger. Il venait d'entendre un léger grincement à côté. Ce bruit cessa aussitôt. Inquiets, mais curieux, nos amis s'approchèrent de la seconde entrée sur la pointe des pieds.

À chacun de leurs pas, le sol craquait. Impossible de rester discrets. Mais un gémissement issu du plancher de la chambre voisine, répondit au leur, comme si un animal ou quelqu'un se déplaçait en même temps qu'eux de l'autre côté de cette porte.

François tenta de l'ouvrir en prenant la poignée en main, mais c'était fermé à clé.

Il se produisit alors un craquement plus fort qui fit vibrer le sol et battre les cœurs. Les deux amis sortirent en vitesse de cette habitation qu'ils avaient crue abandonnée et coururent vers leurs vélos. Ils y parvinrent un peu essoufflés, tant par leur course que par la peur.

Béatrice, en se retournant apercut un mince filet de fumée sortir par la cheminée. Elle le montra à son copain.

 

Les deux enfants, remis de leur frayeur, décidèrent de faire le tour de la cabane pour voir si la seconde chambre, celle qui se trouve à l'arrière, n'avait pas une fenêtre par laquelle ils pourraient observer son contenu de l'extérieur.

Ils furent contraints de contourner un tas d'orties menaçantes, de traverser un massif de ronces agressives, puis d'enjamber un tronc d'arbre couché.

Quand ils revinrent devant la véranda, il leur fallut admettre que la seconde pièce n'avait aucune issue à l'arrière et ne communiquait avec l'extérieur que par la porte située dans la première pièce. Le mystère de cette chambre restait entier.

Se retournant une dernière fois avant de remonter sur leurs vélos, ils constatèrent que la porte d'entrée de la cabane était grande ouverte. Or François l'avait refermée en sortant.

- C'est peut-être le vent, suggéra Béatrice.

- Je ne pense pas, répondit le garçon. Je ne sens pas le moindre souffle d'air.

Intrigués, ils jetèrent un coup d'œil et grâce à un rayon de soleil qui traversait la première chambre par l'un des carreaux sales, ils remarquèrent qu'à présent, la seconde porte était entrouverte. C'était comme une invitation à revenir...

 

Poussés par une curiosité insurmontable qui balaya toute leur prudence, ils retournèrent vers la cabane. Ils remontèrent les trois marches qui menaient à la véranda puis traversèrent la pièce sombre dont le plancher grinçait.

Béatrice toucha la poignée et poussa en douceur la seconde porte entrebâillée. Elle s'ouvrit sans bruit. Cela donnait accès à l'autre chambre, plongée dans une obscurité quasi totale. Ils passèrent donc de la pénombre à la nuit.

Au même instant, les deux enfants perçurent une odeur désagréable de vase, d'eau stagnante, de moisi, et une odeur animale.

Deux yeux rouges, situés près du sol, les observaient. Ils rougeoyaient comme des braises. Les yeux du diable, dit-on, ressemblent à ça.

Nos deux amis s'apprêtaient à s'encourir quand ils entendirent un claquement sec. La porte par laquelle ils étaient entrés dans la seconde pièce venait de se refermer brutalement derrière eux.


Leurs yeux s'habituant à l'obscurité, ils crurent voir passer une ombre devant eux. Le plancher grinçait d'ailleurs.

L'ombre se dirigea vers les yeux rouges. Ceux-ci n'étaient en réalité que deux tisons brûlants dans une cheminée. Béatrice avait donc bien vu quand elle avait observé un peu de fumée, tantôt.

Quelqu'un posa une bûche sur ces braises qui avaient fait si peur à nos amis. Une flamme apparut, répandant un peu de lumière tremblante sur les murs noircis autour d'eux.

Les deux enfants, horrifiés, distinguèrent alors les mains de celui qui les avait enfermés avec lui. Ils comptèrent cinq doigts de chaque côté, mais ces doigts étaient reliés entre eux par des membranes vertes comme les palmes d'une grenouille ou d'un canard, comme les ailes d'une chauve-souris.

La mauvaise odeur émanait de cet être étrange, qui semblait vivre caché dans cette cabane. Les flammes grandissaient dans la cheminée. Nos deux amis distinguaient de mieux en mieux les contours de la pièce et les meubles qui la garnissaient.

Ils remarquèrent surtout le visage de son occupant.

Était-ce un homme ou un serpent? Plutôt un serpent. Sa peau était couverte d'écailles et ses yeux jaunes étaient fendus. Une voix sifflante et sinistre acheva de les terroriser.

- Que faites-vous dans ma maison?

- On ne savait pas qu'il y avait quelqu'un, répondit Béatrice en tremblant. Sinon, on ne serait pas entrés. Excusez-nous.

- Oui, pardonnez-nous, renchérit François. On ne voulait pas vous déranger. On s'en va tout de suite.

- Vous espérez partir, mais je ne vous laisserai pas vous sauver ainsi.

Le garçon eut une idée.

- Nos parents nous accompagnent. Ils vont nous chercher et ils seront très fâchés si vous nous retenez.

Mais l'être étrange répondit en ricanant.

- Je vous ai vus venir. Vous étiez seuls, et à vélo.

C'était bien essayé, mais raté. François se tut.

 

- Pourtant je ne compte pas vous garder chez moi. Mais avant de sortir, vous allez devoir résoudre trois énigmes. Puis, vous accomplirez un petit travail. Si vous réussissez le tout, je vous rendrai votre liberté. Asseyez-vous.

Nos amis se laissèrent glisser contre les planches rugueuses du mur de la cabane et s'assirent dans la poussière. Ils se serraient l'un contre l'autre. François prit les mains glacées de son amie entre les siennes.

- Première énigme, annonça l'homme serpent. On me pose sur la table, on me mélange, on me coupe, on en donne à chacun, mais on ne me mange pas. Qui suis-je?

Les deux enfants se regardèrent. Ils hésitaient.

- Des cartes à jouer, dit soudain François.

- Bien, tu es très perspicace. Voici la deuxième énigme. On peut écrire sur moi les pires insultes ou les plus beaux poèmes, cela me laisse de glace. Qui suis-je?

Peut-être un chien, envisagea Béatrice. Un chien auquel on dit des vilaines choses, mais en douceur, croit qu'on lui fait des compliments et remue la queue de plaisir. Puis tout à coup, elle entrevit la solution.

- C'est du papier! On peut écrire ce que l'on veut sur du papier, cela le laisse indifférent, et quand il est bien lisse, on parle de papier glacé.

- Voici la troisième énigme, reprit l'être étrange un peu vexé de recevoir des bonnes réponses aussi intelligentes et rapides. Je suis toujours à l'abri et pourtant, je suis toujours mouillée. Qui suis-je?

- La langue, lança Béatrice en souriant. La langue est toujours mouillée et pourtant elle est bien à l'abri dans la bouche. J'ai déjà entendu cette devinette quelque part.

- Vous êtes très forts, concéda l'homme-serpent. Maintenant je vais vous confier un petit travail. Promettez-moi de le faire et de ne pas filer chez vous en sortant.

- Promis, murmura François.

- Moi aussi je promets, ajouta Béatrice qui aurait bien promis n'importe quoi pour pouvoir quitter cet endroit.

- Je suis malade. J'ai besoin d'un bâton magique pour retrouver mes forces. Vous allez suivre un sentier qui part juste derrière la cabane. Il vous mènera près d'un grand étang au bord duquel se trouve une maison en ruines. Vous entrerez dans cette demeure et monterez à l'étage. En cherchant bien, vous découvrirez une sorte de canne avec un serpent enroulé tout autour, sculpté dans le bois. Apportez-le-moi.

L'être étrange ouvrit la porte et nos amis se précipitèrent à l'extérieur.

- Ne parlez de moi à personne en chemin, sinon, il vous arrivera un malheur.

 

- Viens, dit François. On retourne à la maison.

- On a promis, fit remarquer Béatrice.

- On a promis sous la menace, expliqua le garçon. Mon père m'a dit qu'un serment arraché sous la contrainte est sans valeur. Les seuls engagements que l'on doit tenir sont ceux que l'on fait librement et avec son cœur.

- Je suis d'accord avec toi, fit son amie, mais je suis curieuse. J'aimerais bien voir ce fameux bâton. On pourrait aller le chercher, et puis, on n'est pas obligés de le lui remettre...

Les deux aventuriers, téméraires, suivirent à pied le sentier qui se trouvait derrière la cabane. Il n'était pas assez large et trop accidenté pour être parcouru à vélo.

 

Après quelques centaines de mètres, ils passèrent une barrière largement ouverte. Un écriteau, accroché à un arbre, indiquait: "Entrée interdite, chasse, chiens méchants". Ce n'était guère rassurant.

Ils poursuivirent cependant leur sentier. Ils arrivèrent en vue d'un étang et aperçurent, de l'autre côté, entre des arbres rabougris, une maison dont les murs en brique étaient fort abîmés. Ils ne virent ni portes ni vitres, mais des fenêtres par où sortaient des branches de plantes vertes.

Le mystérieux bâton devait, sans doute, se trouver là.

À cent mètres, à un croisement de routes, se trouvaient une dizaine d'hommes armés de fusils.

- Impossible de passer, soupira Béatrice. Ils vont nous voir.

- En effet, dit tout bas François, caché près de son amie derrière un tronc. Il faut traverser l'étang.

- Tu n'y penses pas!

- Je l'ai déjà fait. Un jour à un stage aventure d'été, on a nagé dans un étang comme celui-là. On est tous et toutes  ressortis couverts de boue. C'était trop drôle.

- Moi aussi, renchérit Béatrice. Je l'ai fait au dernier camp lutin. On y va? J'ai quand même envie de voir ce mystérieux bâton.

Ils se mirent pieds nus, et entrèrent en short dans l'eau sale. Ils soulevaient de la boue et de la vase à chaque pas. Des branches mortes et des feuilles moisies, imprégnées de bave de crapaud et d'odeur de poisson pourri complétaient la senteur de l'eau stagnante. Ils en eurent jusqu'au torse. Et en plus, c'était froid.

 

Ils entrèrent dégoulinants dans la maison en ruine, laissant des traces de boue à chaque pas. Ils montèrent un escalier menant à l'étage de la bâtisse abandonnée.

Inspectant les lieux en silence, ils découvrirent un endroit où le papier un peu moisi était décollé. Là se trouvait l'entrée d'une petite remise, bien dissimulée. Ils y passèrent à quatre pattes. Le bâton traînait là, appuyé contre le mur.

Un bâton d'un mètre de long environ, et dont la tige était entourée par une liane terminée par une tête de serpent scuptée.

 

Soudain nos amis entendirent des voix, en bas, au rez-de-chaussée. Un curieux dialogue.

- Toi tu te tais.

- Mais pourquoi?

- Tu dois te taire, sinon cela fera bizarre. Un chien ne parle pas.

Béatrice et François, voulant éviter d'être vus, retournèrent dans la remise et tendirent le papier peint derrière eux pour masquer l'entrée de leur cachette.

Une fille de leur âge montait, accompagnée, hélas pour nos amis, d'un grand chien. Il les trouva sans difficulté.

- Que faites-vous ici? demanda-t-elle en les voyant.

- Nous cherchions ce bâton, expliqua Béatrice.

- Vous êtes couverts de boue...

- On est passés par l'étang, pour ne pas être vus par les chasseurs.

- Ce bâton est à vous?

- Non, il appartient à quelqu'un que nous avons rencontré.

- Vous avez fait la connaissance de celui dont on ne peut pas parler. Vous êtes entrés comme moi dans sa cabane. C'est un serpent doué d'un pouvoir étrange. Il peut prendre une apparence humaine. Ne lui remettez pas ce bâton, sinon, il retrouvera toute sa puissance, et il vous fera du mal comme à nous.

Béatrice observait le chien car elle en avait un peu peur. Elle était intriguée par ses yeux qui ressemblaient à ceux d'un enfant.

François, lui, observait la fille. Il se sentait peu à peu envahi par un malaise. Était-elle humaine? Elle avait des yeux brun foncé, globuleux, comme ceux d'un chien.

- Tu as rencontré celui dont on ne peut pas parler? demanda notre ami.

- Oui.

- Il t'a posé des questions? 

- Oui, il m'a posé une énigme. Je n'ai pas su la résoudre.

- Laquelle? demanda Béatrice, curieuse.

- Toute ma vie, j'ai bu de l'eau salée. Depuis ma mort, je bois de l'eau douce.

Nos deux amis réfléchirent en silence.

Tu as une idée? toi qui lis ce récit.

- J'ai trouvé, s'écria François. Ça parle d'une éponge. Elle boit de l'eau de mer toute sa vie puis quand elle est morte, on l'emploie dans les salles de bains et elle boit de l'eau douce du robinet.

- Bravo, dit la jeune fille. Moi je n'ai pas su répondre, alors il m'a punie.

- Que t'a-t-il fait? demanda Béatrice. Oh! je crois que j'ai compris. Il t'a transformée en chien, et ton chien en fille.

- Oui, reprit celle qui avait l'apparence humaine.

Béatrice se tourna vers le chien.

- Toi tu es la fille. Comment t'appelles-tu?

- Aurore, répondit l'animal.

- Et toi, dit François à celle qui paraissait humaine, tu es le chien. Et tu as conservé tes yeux de chien.

- Faites quelque chose pour nous, s'il vous plaît, supplia Aurore.

- Nos amis décidèrent de retourner chez le sorcier-serpent.

 

Les chasseurs étaient partis. Les deux enfants longèrent l'étang en file indienne, cette fois. Ils se dirigèrent vers la cabane où attendait l'individu étrange.

- Restez dehors, proposa François. Nous vous appellerons ou bien nous viendrons vous chercher.

Béatrice saisit fermement le bâton de sorcier et entra avec son copain dans la cabane par la porte restée ouverte. Leurs cœurs battaient la chamade.

La seconde porte n'était pas fermée à clé. Ils l'entrouvrirent. Il faisait presque tout noir, comme tantôt, mais leurs yeux s'adaptèrent d'autant plus vite que quelques flammes brûlaient encore dans la cheminée. La pièce semblait vide.

- Où se cache-t-il? murmura François.

Il repéra un meuble sombre dans un coin. Deux tiroirs au-dessus, deux portes en-dessous. Il s'en approcha et fit glisser le premier tiroir. Il ne contenait que de la poussière et des toiles d'araignées. Le second également.

Notre ami s'agenouilla et ouvrit les deux battants du meuble. Un serpent qui se tenait caché là, bondit sur lui. Il se protégea le visage en mettant ses mains et ses bras devant les yeux. Le serpent le mordit au poignet.

Béatrice, d'un coup de bâton aussi fort que précis, frappa l'animal à la tête. La bête fut projetée contre le mur. Le reptile retomba sur le sol. Là, sous les yeux ahuris des deux enfants, il se métamorphosa en sorcier, l'être étrange qu'ils avaient rencontré.

 

La créature mit ses mains palmées sur son front. Le sang coulait.

- Tu m'as frappé. Tu m'as frappé à mort, hurla le sorcier.

- Je tiens votre bâton, cria notre amie et je vais encore vous frapper si vous ne me donnez pas immédiatement la formule magique qui permettra de guérir mon copain de la morsure que vous venez de lui faire. Je veux aussi délivrer la fille qui nous attend dehors et son chien du mauvais sort que vous leur avez jeté.

L'être étrange murmura:

- Je vais mourir.

- Alors, dépêchez-vous de parler, insista François. Sinon, on vous frappe.

Le sorcier regarda les deux enfants avec ses yeux jaunes de reptile.

- La formule de guérison est la réponse à l'énigme que j'ai posée à Aurore. De toute façon, ajouta l'être maudit, cela ne marchera que trois...

Et l'étrange habitant de la cabane mourut. Ses yeux se figèrent, et au dernier instant, il redevint animal, le serpent qu'il était et qu'il aurait dû rester.

 

Nos amis sortirent de la maisonnette. Béatrice tenait toujours le bâton à la main. Elle le posa sur le poignet gonflé et violacé de son ami qui avait très mal à cause de la morsure.

- Éponge, dit-elle.

Toute trace de morsure disparut à l'instant.

Elle se tourna ensuite vers le chien. Posant le bâton magique sur la tête, elle dit:

- Je veux que tu sois de nouveau Aurore, celle que tu étais avant. Éponge.

Le chien se changea en une jeune fillette rousse, une chevelure magnifique.

Notre amie posa ensuite son bâton sur l'épaule du chien qui avait pris apparence humaine.

- Éponge.

Il redevint l'animal qu'il était auparavant.

Aurore sauta au cou de nos amis, les remerciant pour leur courage et leur perspicacité. Le chien vint leur lécher la main.

Puis, chacun repartit de son côté. Béatrice et François reprirent leurs vélos et retournèrent chez eux.

 

Quand le garçon revint chez lui, il apprit que sa petite sœur Olivia était malade. Elle était au lit avec un fort mal au ventre. Le médecin allait passer.

François monta à la chambre de la fillette et lui proposa de la guérir tout de suite.

- Oh oui, murmura Olivia. J'ai trop mal.

- Lève ton t-shirt, dit le garçon.

François posa la pointe du bâton sur le ventre de sa petite sœur et prononça la formule pour la quatrième fois.

- Éponge.

Mais rien n'y fit. Olivia continuait à souffrir de crampes.

Alors le garçon comprit le sens des derniers mots du serpent-sorcier.

- Ça ne marchera que trois... fois.