Magali
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Qui a volé mes œufs ?

     Magali jouait au jardin. Un beau soleil brillait dans le ciel sans nuages.

Tout à coup, une pie se posa près d'elle. La fillette la regarda, un petit peu surprise. La pie lui adressa la parole.

-Tu m'as volé mes œufs ?

-Moi? répondit notre amie. Pas du tout.

-J'avais trois œufs dans mon nid, avec des bébés à l'intérieur. Je ne les retrouve plus. Pourtant, je ne suis pas partie longtemps. Je ne sais pas qui me les a pris, mais j'aimerais bien le savoir.

-Peut-être sont-ils tombés du nid, emportés par le vent par exemple.

 -J'en sais rien. Je regarde partout depuis une demi-heure et je ne les retrouve pas.

-Si tu veux, on va chercher ensemble, proposa la fillette. Viens. Allons demander l'aide de mes amis, dans le champ de blé et à la rivière.


Magali poussa la barrière au fond du jardin et passa sur le chemin de terre qui le longe.

Elle portait, comme toujours, une salopette rouge, un t-shirt blanc et des baskets bleues. Ses deux couettes noires dansaient sur ses épaules.

Elle arriva au milieu du champ de blé, à l'endroit où se dresse un grand rocher blanc. La jolie pie se posa près d'elle. La fillette appela le lapin qu'elle connaît bien.

 -Gentil lapin, gentil lapin, gentil lapin.

Un mignon lapin apparut à l'entrée du terrier.

-Que se passe-t-il ?

-La jolie pie ne trouve plus ses œufs. Elle pense qu'on les lui a volés. Tu ne les aurais pas aperçus par hasard ?

-Non, répondit le lapin. Mais je veux bien les chercher avec toi. Je peux me faufiler en-dessous des ronces, des orties, des picots. Je vais aller fouiller un peu partout. Je te parie que je les retrouverai. Je reviens dans une demi-heure avec les trois œufs.

Le gentil lapin s'encourut et disparut sous un roncier.


-Viens, dit Magali à la jolie pie. Suis-moi. Allons chercher l'aide d'un autre de mes amis. Il habite là-bas, dans l'arbre, au bord de la rivière.

Ils s'arrêtèrent tout près du petit ruisseau, de l'autre côté du champ de blé. Elle appela trois fois.

-Écureuil aux yeux très doux, écureuil aux yeux très doux, écureuil aux yeux très doux.

Le petit animal s'approcha.

-Bonjour petite fille.

-La jolie pie ne trouve plus ses œufs. Elle pense qu'on les lui a volés. Tu ne les aurais pas aperçus par hasard ?

-Hélas non, répondit l'écureuil aux yeux très doux. Mais si tu veux, je vais aller fourrer mon nez un peu partout dans les nids et les arbres. J'y grimpe très bien. Peut-être qu'un oiseau les a pris. Tu sais, les coucous font cela. Si je les vois, je t'appelle. Je reviens dans une demi-heure avec les trois œufs.

-Merci, dit la pie. 

Et l'écureuil fila vers le bois.


Magali s'avança jusqu'au bord de la rivière. Elle observa l'eau un instant et aperçut un poisson. Elle l'appela trois fois.

-Poisson rouge, poisson rouge, poisson rouge.

Il continua à glisser dans l'eau, sans faire attention et sans répondre aux appels de notre amie.

Mais c'est un peu normal. Lorsque tu mets ta tête sous l'eau, tu entends mal les bruits qui viennent d'en haut.

Alors la fillette refit trois fois son appel, mais cette fois-ci, d'une voix forte :

-Poisson rouge, poisson rouge, poisson rouge.

-Que se passe-t-il ? demanda le petit poisson.

-La jolie pie ne trouve plus ses œufs. Elle pense qu'on les lui a volés. Tu ne les aurais pas aperçus par hasard ?

-Hélas non. Mais je vais chercher partout. Promis. Je vais demander l'aide des écrevisses. Elles se débrouillent très bien avec leurs pinces et remarquent n'importe quoi, même dans les recoins étroits le long des berges. J'arrive dans une demi-heure avec les trois œufs.

Il partit.


Le gentil lapin, l'écureuil aux yeux très doux et le poisson rouge revinrent près de la pie et de Magali, qui attendaient à l'ombre au bord de l'eau.

-Ils ont disparu, déclarèrent ensemble les trois animaux. Nous avons eu beau chercher partout, impossible de retrouver tes œufs, la pie. On se demande ce qu'ils sont devenus.

-J'ai foulé les herbes hautes, les fougères, et sous les ronciers, dit le lapin. Rien.

-Et moi, ajouta l'écureuil aux yeux très doux, j'ai visité tous les arbres des environs et tous les nids. Rien.

-Et moi, dit le poisson rouge, je suis allé jusqu'à l'étang vert. Rien.

-Merci, fit en soupirant la pie. Je me demande vraiment où ils se trouvent pour le moment.


Soudain, une voix qui venait de derrière eux les surprit. Ils se retournèrent et virent un hérisson.

-Moi, je sais bien où se trouvent tes œufs, la pie.

-Tu le sais ? Tu les as vus ?

-Tantôt, couché au soleil, j'ai vu un serpent, un long serpent jaune. Il s'est enroulé autour du tronc d'arbre, là-bas, celui où est installé ton nid. II est passé de branche en branche en se glissant. Il a découvert ta cachette. Il a mangé tes trois œufs.

-Oh! le méchant animal, cria la pie.

-La sale bête! renchérit le lapin.

-Quel voleur! déclara l'écureuil.

-Qu'allons-nous faire ? se demanda le poisson rouge.

-Regardez, interrompit le hérisson, là-bas dans les rocailles, vous apercevez le serpent jaune? C'est lui!

-Je vais lui régler son compte, déclara le lapin. Je retourne à mon terrier. Je vais y choisir une grosse carotte et je reviens lui taper sur la tête à coups de carotte.

Magali sourit.

-Moi, promit l'écureuil, je vais choisir quelques bonnes noisettes et les lui lancer dans les yeux. Bien fait pour lui!

-Je vais lui donner des coups de bec dans le dos, promit la jolie pie. J'en ferai sortir du jus de serpent.

-Et moi, fit le hérisson, je le piquerai au ventre à l'aide mes piquants.

-Quant à moi, dit le poisson rouge, s'il tombe dans l'eau, avec l'aide des écrevisses, je le noierai au fond de la rivière.

Notre amie se redressa.

-Mon grand frère m'apprend à jouer au football. Je vais donner un grand coup de pied à ce méchant animal.


Quelques instants plus tard, nos amis entourèrent le serpent.

Le gentil lapin saisit avec ses deux pattes de devant la grosse carotte choisie dans son terrier et le frappa à la tête plusieurs fois.

L'écureuil lui lança des noisettes dans les yeux en faisant des chiquenaudes.

Le hérisson pointa ses piquants et blessa le serpent plusieurs fois au ventre, pendant que la pie lui donnait des coups de bec dans le dos.

Quand ce fut fait, Magali d'un bon coup de pied l'envoya dans la rivière.

Là, le poisson rouge qui commandait à quatre ou cinq écrevisses fit saisir l'animal par leurs pinces.  Elles entraînèrent le serpent jaune au fond de la rivière où il mourut noyé.


-Je vous remercie, déclara la pie. Vous êtes vraiment tous très gentils.

-Malheureusement, cela ne te rendra pas tes bébés, s'inquiéta notre amie.

-Tant pis, déclara la pie. Je vais en pondre des autres. Mais, avant de vous quitter, je voudrais vous remettre à chacun un petit cadeau. Attendez-moi.

Elle retourna à son arbre et choisit dans son nid quelques-uns des trésors brillants et dorés qu'elle avait volés ici et là dans les jardins, les parcs et le long des routes. Elle revint quelques instants plus tard.

Elle donna des boucles d'oreilles en or au gentil lapin. Il les emporta joyeusement dans son terrier et je crois que ses petits jouent encore avec.

L'écureuil reçut une bague, une jolie bague en argent. Il la glissa à sa patte et courut, très content, dans son arbre la montrer à ses amis.

La jolie pie remit une pièce de deux Euros au poisson rouge. Il essaya de la manger, mais il la trouva trop dure. Cette pièce traîne encore au fond de la rivière. Va voir. Si tu la trouves elle est pour toi. 

Elle donna ensuite une chaînette en or au hérisson. Il la posa sur ses piquants et s'éloigna très fier.

Quant à Magali, elle reçut une petite clé en or. Elle la fit tourner entre ses doigts en réféchissant.

-D'où vient-elle et à quoi sert-elle, dit-elle tout haut... Et si c'était la clé d'un coffre au trésor?


Découvre la suite de cette passionnante histoire dans Magali 36 , "La clé de la pie".