Magali
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Une Promenade avec Papa

     Magali est une petite fille de quatre ans et demi. Ses parents coiffent ses cheveux noirs en deux jolies couettes. Elle porte souvent une salopette rouge, et des tennis rouges ou blancs.

Elle a un grand frère de huit ans qui s'appelle Arnaud, et un petit frère, Julien, un bébé de moins d'un an.

Ce jour-là, Magali se préparait pour aller promener dans les bois avec son père. Elle lui demanda:

-Je peux prendre ma balle ?

-Oui, répondit son papa.

-Et mon panier en osier ? C'est pour y mettre des champignons.

-Tu peux emmener ton petit panier.

-Et ma poupée ?

-D'accord, ma chérie, mais tu devras porter tout cela.

Et les voilà prêts à partir tous les deux. Bisou à maman. Papa donna la main à sa fille. Ils s'éloignèrent de la maison.

Quelle chance ! Magali avait son père rien que pour elle, tout l'après-midi.


Ils cheminèrent vers la forêt. Ils chantaient en marchant.

-Promenons-nous dans les bois, tant que le loup n'y est pas…

Dès qu'ils arrivèrent à la lisière des grands arbres, papa tenta d'apprendre à sa petite fille à jouer au football. Puis, il déclara qu'il était un peu fatigué et il s'assit contre un tronc d'arbre.

Magali s'éloigna doucement et partit à la découverte de la forêt qui se trouvait près d'elle.

Juste à l'entrée, elle vit un animal qui courait très vite. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ?

Ce n'était sûrement pas une girafe. On ne voit jamais de girafe dans les bois. Ni un oiseau. Un oiseau vole dans le ciel. Ce n'était pas une tortue. Une tortue avance beaucoup plus lentement. Encore moins un lapin. Les lapins courent en sautillant. Un écureuil? Non. Les écureuils grimpent aux arbres. Une biche ? Non, les biches sont plus grandes. Magali le sait bien. Cet animal-ci avait la taille d'un petit chien.

L'animal repassa en courant.

Notre amie regarda attentivement. Un furet! Magali essaya de le suivre. Mais il courait trop vite. Elle l'appela.

Chante avec elle. Tu connais la chanson?

« Il court, il court le furet, le furet du bois mesdames…Il court, il court..."

Hélas, le petit animal était parti.


En le cherchant, Magali arriva au bord d'un étang. Elle regarda et écouta.

Elle entendait chanter les oiseaux, coasser les grenouilles et cancaner les canards. La petite fille, entourée d'herbes hautes, très hautes, plus grandes qu'elle, observa des roseaux en fleurs. Elle aperçut une petite araignée qui installait sa toile entre leurs tiges fines.

Sur l'eau de l'étang, le spectacle était ravissant. Magali vit des poules d'eau, qui faisaient « plouf » en plongeant. Des canards se poursuivaient à grands cris: "coin, coin, coin."

Elle remarqua aussi des nénuphars. Ils ont des feuilles rondes qui flottent au soleil sur les étangs ou les lacs. Ils donnent de très jolies fleurs jaunes ou blanches. Magali les regarda longtemps. Elle les trouvait très belles et aurait voulu en rapporter une à sa maman.

Quelques canards s'approchèrent. Elle chanta leur chanson.

-Un petit canard au bord de l'eau…il est si beau...il est si beau...

Magali vit une petite grenouille qui sautait joyeusement d'une feuille de nénuphar à l'autre. La fillette avança jusqu'au bord de l'eau. Là, tendant la main, elle pinça une des feuilles rondes qui flottaient et l'attira vers elle.

Elle posa sa petite poupée sur le nénuphar. C'était charmant. On aurait cru une petite fille sur un mignon bateau vert. Elle rêva à cette belle histoire de " La petite poucette", écrite par Hans Christian Anderson, que son papa lui raconte souvent, le soir. Le conte d'une toute petite fillette qui part au fil de l'eau dans la coque d'une noix puis sur une large feuille verte...

Magali lâcha le nénuphar et la plante s'éloigna de la rive en flottant, emportant la poupée à la surface de l'eau. Notre amie voulut la rattraper mais elle ne réussit qu'à enfoncer ses pieds dans la boue.

Elle eut envie de pleurer. Sa poupée se trouvait là, sur l'eau dormante, pas loin d'elle, mais impossible de la reprendre.

 

Tout à coup, elle sentit une goutte de pluie tomber sur son nez. Elle leva les yeux. Le beau ciel bleu se couvrait de nuages gris et le soleil avait disparu.

Un orage s'approchait à grand vent. Elle entendit gronder le tonnerre. Et la pluie se mit à tomber avec force.

Magali courut le plus vite qu'elle pouvait vers son père qui venait à sa rencontre. Il cherchait sa petite fille et l'appelait. Ils se donnèrent la main et s'apprêtèrent à retourner vers la maison sous l'averse.

-Papa, murmura Magali, ma petite poupée est restée sur une feuille de nénuphar, au milieu de l'étang.

Papa écouta sa fillette lui raconter son aventure. Ils firent aussitôt demi-tour et retournèrent au bord de l'eau.



Les gouttes de pluie dessinaient des centaines de petits ronds à la surface du lac. C'était un spectacle ravissant, féerique.

Le père de notre amie vit la poupée couchée sur le nénuphar à un mètre du bord de l'étang. Il eut l'idée de casser une longue branche fine et de s'en servir comme d'une canne à pêche pour rapprocher la poupée en attirant le nénuphar vers le bord.

Magali la reprit puis donna un très gros bisou à son papa en le serrant très fort dans ses petits bras. Pouvait-il trouver une plus belle récompense?



Ils arrivèrent à la maison, trempés comme des canards. Les habits de Magali lui collaient à la peau. Ses cheveux dégoulinaient. Mais en courant ils avaient bien ri tous les deux en sautant dans les flaques d'eau.

Maman les attendait avec une grande serviette et des vêtements secs. Et puis, elle leur fit un chocolat chaud. 


En buvant son chocolat, Magali regarda par la fenêtre entrouverte. Elle entendit les bruits qui venaient du bois, au loin. Elle écouta le chant des oiseaux, les cris des grenouilles et des canards qu'elle avait aperçus. Maintenant, ils sont devenus ses amis.

Elle se rappela le furet qui courait entre les grands arbres. De nouveau, elle chanta.

-Il court, il court le furet, le furet du bois mesdames. Il court, il court le furet, le furet du bois joli...

Quelle aventure!