Isabelle
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Perdue dans les bois

       Il faisait très beau ce jour-là. Le ciel était tout bleu. Un grand soleil régnait sur les plaines, les bois et le village. Isabelle avait très chaud. Elle avait demandé à maman la permission d'aller jusqu'à l'étang en contrebas du grand champ de fleurs.
       Isabelle est une ravissante petite fille de cinq ans et demi. Elle a des cheveux blonds qu'on lui coiffe en deux longues tresses. Elle porte très souvent une salopette jaune, un t-shirt bleu, des baskets bleues.
       Elle a trois grands frères, de dix-neuf, treize et sept ans et demi. Mais nous n'en parlerons pas cette fois-ci car ses grands frères n'apparaîtront pas dans l'histoire.
       -Tu peux aller jouer près de l'étang, mais fais attention de ne pas y tomber. Et pour te rendre là-bas, mets la vieille salopette, insista maman, parce que tu reviens toujours toute sale de cet endroit. C'est plein de boue.
       Isabelle retira sa jolie salopette jaune et passa la vieille en jean. C'est une vieille salopette que ses frères ont mise quand ils étaient petits garçons. Elle est très usée. Elle a de larges trous aux genoux. Les poches ont été arrachées. On n'arrive plus à faire disparaître les taches. Mais Isabelle peut la salir autant qu'elle veut.
       Elle attacha les bretelles et passa de vieilles sandales de gym aux pieds. Elle emporta sa poupée préférée avec elle.
       Notre amie traversa le jardin, passa sous la clôture et descendit le long du grand champ de fleurs. Elle aperçut le saule pleureur qui se trouve au bord de l'étang. Elle aime bien jouer là-dessous. D'abord on est à l'ombre et tout près de l'eau et puis, les branches qui descendent jusqu'au sol forment une petite maison bien agréable.
       Tout en parlant avec sa poupée, assise contre le tronc du vieux saule, elle aperçut un bel oiseau. Certaines de ses plumes étaient vertes, d'autres plutôt oranges, presque rouges. Il poussait un cri étrange.
      Isabelle, curieuse, voulut tenter de le voir de plus près. Elle emporta sa poupée dans les bras et tenta de contourner l'étang, car l'oiseau s'était posé de l'autre côté au milieu des herbes hautes, des roseaux et des fleurs.
       Plus Isabelle avançait, plus le sol devenait boueux et spongieux. Ce n'était pas très propre, mais comme ses vieilles sandales de gym étaient sales, cela ne changeait pas grand-chose, pensa-t-elle.
       Notre amie disparaissait presque au milieu des roseaux à présent. Ils étaient tellement hauts, que seule la tête d'Isabelle dépassait, tache blonde dans le vert des roseaux, sous le bleu du ciel.
       Elle n'entendait plus l'étrange animal. Où s'était-il donc posé ? Elle chercha un peu à gauche, un peu à droite mais tout à coup, derrière elle, venant du champ de fleurs, elle entendit deux voix, qui ne la rassurèrent pas beaucoup. Elle écouta.
       -On va cacher notre butin ici, quelques jours.
       -Comment allons-nous faire ?
       -J'ai emporté une pelle. On va creuser un trou. Enterrons le sac près de cet étang. Personne ne vient jamais à cet endroit.
       -Tu es sûr ?
       -Tout à fait.
       -Et s'il y a quelqu'un ?
       -J'ai mon fusil, dit l'autre.

       Entendant ces voix, Isabelle comprit qu'elle avait affaire à des voleurs. Son coeur se mit à battre très fort. Elle avait peur.
       Elle se baissa, et malgré la boue qui couvrait le sol, elle avança à quatre pattes, en s'éloignant de plus en plus, vers l'arrière de l'étang. Elle se faufila, profitant des roseaux et des joncs.
       Les deux hommes approchaient. Ils ne pouvaient pas apercevoir Isabelle au milieu des herbes hautes. Elle était bien cachée. La fillette terrorisée progressait à présent dans la boue, une boue sale, noire qui bordait l'étang. Une boue imprégnée de tout ce que l'on peut trouver dans un endroit comme celui-là : de la bave de crapaud, du pipi de canards, des poissons morts, des branches pourries, des feuilles moisies. Cela ne sentait pas très bon.
       Isabelle s'y enfonçait à chaque pas. Elle en avait presque jusqu'aux coudes, et ses genoux et ses pieds en étaient recouverts. Heureusement, les deux voleurs s'arrêtèrent à l'entrée de l'étang.
       -Bon, je crois qu'on peut creuser ici. C'est de la boue, ce n'est pas la peine d'aller nous salir plus loin.

       Isabelle n'avait qu'une idée. Retourner le plus vite possible à la maison. Mais les deux bandits lui barraient le chemin. Il était impossible de revenir en arrière pour l'instant. Alors, elle continua à avancer en pataugeant, mais la boue était de plus en plus abondante et l'herbe plus rare et moins haute.
       La pauvre fillette dut ramper dans cette saleté pour poursuivre son chemin, sinon elle risquait d'être vue. Elle en avait partout à présent : sur son ventre, sur sa poitrine, sur ses jambes et ses bras. Elle imprégnait jusqu'à son dos. Puis le marécage devint de plus en plus profond. Bientôt, la fange se changea en vase beaucoup plus liquide, et enfin ce fut de l'eau.
       Isabelle put se redresser et marcher, mais elle était plongée jusqu'aux bretelles de sa salopette. Elle arriva au bord d'une vallée étroite et sinueuse. La rivière y descendait de cascade en cascade, de rocher en rocher.
       Notre amie pensa qu'en s'accrochant à ces rochers, elle parviendrait au fond du ravin et qu'en le suivant un moment, elle réussirait à remonter ensuite pour retourner chez elle, par le petit bois de sapins.

       Elle entreprit donc prudemment la descente le long de ces rochers. Ce ne fut pas chose facile. Ces pierres étaient glissantes. Elles étaient couvertes de mousse, de petites plantes vertes, de fougères et perpétuellement arrosées par l'eau qui éclaboussait tout de gouttelettes et de brume humide.
       Isabelle fut tout à fait mouillée, même ses tresses dégoulinaient. Heureusement, l'eau qui tombait était débarrassée de la boue et du limon, qu'elle avait déposé en amont. Cela lava un petit peu ses habits et contribua à la débarrasser en partie de la saleté qu'elle avait accumulée sur les bras et sur les jambes.
       Un certain moment, la fillette parvint à un endroit plus délicat. Les derniers mètres avant le fond de la vallée, avant le lit de la rivière. Ça descendait très fort, comme une falaise au bord de la mer.
       Elle mit les pieds soigneusement sur une grosse pierre et s'arrêta un instant pour regarder comment descendre encore. Mais ce rocher était mal fixé. Il se descella et la fit tomber dans une marre bordée de roseaux.
       A deux reprises, elle se cogna à une pierre acérée. Quand elle arriva tout en bas, elle était de nouveau dans la boue. Elle se redressa lentement. Elle avait mal au coude et cela saignait. Elle avait mal à l'épaule également. Elle s'y était égratignée, d'autant plus qu'elle n'avait pas mis de t-shirt parce qu'il faisait très chaud.  Sa cheville lui faisait mal en marchant, car elle s'était cognée assez fort contre une pierre. Enfin, la jambe gauche de sa salopette était tout à fait déchirée et une longue estafilade saignait un petit peu.
       En voyant toutes ces blessures et sa salopette sale et déchirée, la petite fille couverte de boue s'assit par terre et se mit à pleurer.

       Elle pleura plusieurs longues minutes, mais personne n'était là pour la consoler.
       Elle se leva entre deux sanglots et se décida à marcher. Il était impossible de revenir à la maison en escaladant le plan incliné assez raide qu'elle venait de dégringoler. Elle risquait de tomber à nouveau et de se faire encore plus mal.
       Les parois abruptes de la vallée, à gauche et à droite, étaient infranchissables, comme des falaises. Il fallait suivre le lit de la petite rivière.
      Parfois, Isabelle marchait dans l'eau, parfois sur la berge gauche ou sur la berge droite. Elle traversait régulièrement le cours d'eau, qui heureusement n'était guère profond, parce que tantôt un côté était impraticable à cause des ronces, tantôt c'était l'autre, à cause des orties. Trois fois elle s'enfonça jusqu'aux genoux dans de larges mares de boue que la rivière fait en stagnant.
       Elle marcha ainsi longtemps, très longtemps. Il n'était pas loin de midi à présent. Elle avait soif. Elle n'osait pas boire l'eau de la rivière. Elle avait un peu faim. Mais elle n'avait rien  à manger. Il fallait absolument revenir à la maison.

       Soudain, elle eut l'impression que la chance lui souriait. Elle aperçut sur sa gauche, un petit sentier qui montait vers un grand sapin au sommet de la vallée.
       -Chic, songea Isabelle.
       Elle serra sa poupée dans les bras. La pauvre poupée était aussi sale que la fillette, car elle était tombée dans la boue également.
       -Je crois, ma chérie que nous pouvons sortir de la vallée et qu'on va revenir à la maison, lui chuchota notre amie à l'oreille.
       Isabelle suivit l'étroit sentier qui, au fur et à mesure qu'il montait entre les pierres et les souches de sapins, devenait vertigineux.
       Parvenue aux trois quarts, elle entendit un petit bruit pas très rassurant, il y avait des abeilles.
       La fillette fit encore quelques pas mais les abeilles, de plus en plus nombreuses, voltigeaient autour d'elle. Elle aperçut un nid accroché au sapin. Une reine avait installé sa ruche au soleil.
       Isabelle eut peur, et désolée, redescendit le sentier. Elle se retrouva au bord de la rivière. Il n'était pas loin de treize heures. De nouveau, elle s'assit sur un tronc d'arbre et se remit à pleurer. Elle avait vraiment faim à présent et soif. Elle était sale et se demandait vraiment par où retourner à la maison.
       Puis, comme décidément personne ne venait la consoler, elle se remit à avancer, pataugeant dans la rivière, dans la boue, se griffant aux ronces, se piquant aux orties, enjambant des troncs d'arbre et des branches pointues qui déchiraient encore un peu plus au passage la vieille salopette trouée qu'elle venait de bien abîmer et de bien salir.

       Peu à peu, les berges s'aplanirent. Isabelle aperçut un plan incliné qui lui paraissait possible de grimper. Il menait au bois de sapins. Elle dut le gravir à quatre pattes, dans la terre et les cailloux. Ses petits genoux prenaient tout, car la salopette était trouée.
       Elle parvint à se hisser à la lisière des grands arbres. Elle observa les lieux à son aise, mais elle ne vit que des sapins partout et des fougères lui cachaient la présence éventuelle d'un chemin. Elle n'était jamais venue à cet endroit. La petite fille hésita, puis marcha tout droit.
       Elle pensait que sa maison devait se trouver là-bas, tout droit ou vers la gauche, quelque part, mais elle n'en était pas certaine. Elle marcha à travers tout en se baissant souvent pour éviter les branches basses des arbres qui la griffaient.
       Elle avait envie de pleurer, mais, la peur de s'asseoir là toute seule, loin de chez elle était plus grande. Elle ne s'arrêta pas.
       Après quelques minutes, elle eut la chance d'arriver à un chemin en terre. Pour la première fois depuis son  aventure, Isabelle eut un petit sourire.
       -Cette fois-ci, je crois que je vais pouvoir retrouver ma maison.
       Mais par où fallait-il prendre ce chemin qu'elle venait de découvrir ? Par la gauche ou par la droite ? Elle n'en savait trop rien. Il n'y avait aucune indication. De profondes ornières indiquaient que des tracteurs étaient passés par là. Ces ornières étaient pleines de boue et de petits moustiques dansaient à leur surface. Les deux côtés de la route se ressemblaient. Par où aller ?
       Isabelle opta pour la droite. Hélas, le choix était mauvais. Il fallait prendre à gauche pour revenir à la maison, mais notre amie ne le savait pas.

       Le chemin s'enfonçait sous les arbres. Elle évita les grandes ornières en longeant le bord de la route, se griffant encore une fois aux ronces, évitant les orties.
       Plus elle marchait, plus elle avait soif, plus elle avait faim. Sa tête tournait, son ventre était vide. La boue sale imprégnait sa salopette humide qui collait encore parfois à sa peau. Elle n'avait pas chaud à l'ombre, lors des coups de vents.
       Soudain, vers la gauche, elle crut apercevoir des myrtilles.
       -Quelle chance, sourit la fillette.
       Hélas les myrtilles n'étaient pas encore mûres. Elles étaient entre vert et bleu foncé. Elle en cueillit quelques-unes. Il fallait tirer fort pour les arracher à leur branche. Elle mit une poignée en bouche, la mâcha soigneusement, mais c'était tellement sûr qu'elle recracha le tout, malgré qu'elle avait si faim.
       Elle continua à marcher, hélas toujours dans la mauvaise direction et donc toujours en s'éloignant de sa maison et de son papa et de sa maman et de ses trois grands frères. Le chemin devenait de plus en plus impraticable d'ailleurs. Elle aurait dû s'en rendre compte.

       Isabelle poursuivit sa route sans trop réfléchir, marchant au rythme de sa peur et de sa fatigue grandissante.
       Elle s'approcha d'un arbre, rempli de baies rouges.
       -Des groseilles. C'est bon, des groseilles. Et elles ont l'air bien mûres, se réjouit la fillette.
       Elle en cueillit une poignée et les mit en bouche. Elle mâcha nerveusement, mais elles avaient un drôle de goût, ces groseilles. Leur jus n'était vraiment pas bon. C'était acide.
       Mais elle avait tellement faim qu'elle avala la première bouchée, puis la seconde, mais alors, elle s'arrêta.
       Et tout à coup, elle frémit.
       -Mon Dieu ! Ne serait-ce pas ces petits fruits rouges que mangent les oiseaux ? Maman a dit que c'est du poison... du sorbier.
       Isabelle avait la tête qui tournait, parce qu'elle avait faim. Elle avait toujours aussi soif, car les fruits acides ne l'avaient guère désaltérée.
       Elle poursuivit sa route. Elle était très fatiguée. Cela faisait bien deux ou trois heures qu'elle marchait à présent, c'est beaucoup pour une petite fille. En promenade, elle demandait toujours à Benoît ou à Bertrand de la porter sur leur dos pour revenir à la maison. Mais les grands frères n'étaient pas là.
       Et soudain, le chemin s'arrêta. Elle se sentit vraiment perdue cette fois, au milieu du bois.
       Isabelle s'assit par terre contre un tronc d'arbre et encore une fois trouva des larmes au fond de son coeur. Elle serra sa poupée et se mit à pleurer, à pleurer, à pleurer.
       De temps en temps, entre deux sanglots, elle appelait papa ou maman. Elle appelait ses grands frères, Benoît, Bertrand, Benjamin. Mais ils étaient bien loin, papa et maman, Bertrand, Benoît et Benjamin. Ils ne pouvaient pas répondre.
       La fillette pleura encore, appuyée contre le tronc d'arbre, la tête illuminée par un rayon de soleil. Son visage était sale, ses cheveux blonds étaient sombres de boue. Elle avait faim. Elle avait soif. Elle avait mal au ventre, peut-être à cause des baies de sorbier. Elle avait froid et elle pleurait. Elle était perdue. Pauvre petit fille...

       Quand les larmes furent toutes épuisées, elle se tut un moment. Elle entendit alors au loin, le son d'une petite musique.
       Isabelle se mit debout. Elle scruta attentivement le bois mais elle n'aperçut que des arbres, de l'ombre, des massifs de ronces ou de hautes fougères.
       Pourtant là-bas, quelqu'un avait allumé un poste de radio ou il y avait une maison et des gens. Cela pouvait aussi bien être une sorcière, un loup-garou, un ogre. Un de ces êtres, qui peuplent les histoires qu'on lui raconte. Mais n'importe quoi valait mieux que d'être perdue et toute seule. Et puis, elle avait si faim. Fatiguée, mais courageuse, elle se remit en route.
       Elle quitta le chemin en terre et marcha à travers tout, à travers les fougères qui se dressaient plus hautes qu'elle et l'entouraient. Elle marcha vers la musique. Et plus elle s'approchait, mieux elle l'entendait.

       Tout à coup, elle aperçut un petit poste de radio, couché sur une souche d'arbre, et deux hommes assis tout près. Ils buvaient à leur gourde. Il était quatre heures de l'après-midi.
       C'étaient des bûcherons. Ils avaient leur tronçonneuse posée près d'eux sur un grand tas de bûches. Isabelle fit quelques pas vers eux. L'un des hommes se tourna et l'observa.
       -Tiens, une petite fille. Que fais-tu là ?
       -Quelle pauvre petite fille toute sale, constata l'autre. Tu es perdue ?
       Isabelle fondit de nouveau en larmes et marcha vers les deux hommes. Ils la prirent dans leurs bras et elle acheva de sangloter.
       -Comment t'appelles-tu ?
       -Isabelle, monsieur.
       -Que fais-tu ici ?
       -Je me suis perdue.
       -Où habites-tu ?
       -Je ne sais plus.
       -Cherche, encouragea l'autre ouvrier. Il faut que tu trouves. On va te reconduire chez toi. As-tu faim ? As-tu soif ?
       -Oh, oui, supplia Isabelle, en levant un visage plein de larmes et d'espoir.
       L'un des hommes tendit sa gourde. Elle but de l'eau. Les bûcherons fouillèrent leurs sacs. Il leur restait une tartine au fromage. D'habitude, Isabelle n'aime pas les tartines au fromage. Mais elle la mangea avec plaisir et délectation, tellement cela lui parut bon. C'est parce qu'elle avait très faim.
       -Alors, as-tu retrouvé le nom de ton village ?
       -Oui, sourit Isabelle. J'habite à Méanjoie.
       -Je crois qu'on a assez travaillé pour aujourd'hui. Prenons la tronçonneuse et rentrons. Viens avec nous. On te reconduit chez toi.

       Les deux hommes, donnant la main à notre amie, s'éloignèrent en direction du village. Mais la marche était longue jusque là-bas et la petite fille était vraiment épuisée. Les deux bûcherons s'en aperçurent rapidement. Eux aussi étaient des papas qui avaient des enfants.
       Alors, l'un d'eux leva Isabelle et la mit sur son dos. Il ne fallut pas longtemps pour que la fillette, mise en confiance, s'endorme. L'homme sentit la petite tête se poser sur ses épaules. L'autre ramassa la poupée que la fillette venait de lâcher. Ils arrivèrent en vue de Méanjoie et réveillèrent Isabelle.
       -Petite fille, voici ton village. Nous ne savons pas où tu habites. Il faut nous l'indiquer.
       Isabelle se mis debout et courageusement marcha en direction de sa maison, accompagnée par ses protecteurs, ses deux sauveurs.
       Ils sonnèrent. Papa, Maman, Bertrand, Benoît et Benjamin, très inquiets, ouvrirent la porte et furent très heureux de retrouver leur fillette.
       Maman tendit les bras. Isabelle voulut se précipiter mais elle était tellement sale qu'elle hésita.
       -Je suis pleine de boue. Je vais te salir.
       -Qu'est-ce que cela peut faire, s'écria Maman. Je retrouve ma petite fille. Cela m'est bien égal qu'elle soit sale.
       Et Maman serra ses bras autour d'Isabelle, Papa aussi et les trois frères également. Tout le monde l'embrassa.

       Papa se tourna vers les deux bûcherons et les remercia chaleureusement. Isabelle reçut à manger, prit un bon bain et se changea. Elle retrouvait sa maison, avec bonheur.
      Elle expliqua longuement son aventure à sa maman, à son papa et a ses grands frères qui l'écoutaient. Elle évoqua bien sûr l'arrivé des deux voleurs, qui avaient caché quelque chose près de l'étang et qui avaient provoqué sa fuite.
       Papa téléphona aux gendarmes et prenant sa petite fille courageuse par la main, ils retournèrent vers l'étang. Les gendarmes creusèrent à l'endroit qu'Isabelle indiqua. La terre y avait été remuée. Ils découvrirent un sac avec ce que les deux bandits avaient volé.
       Grâce aux empreintes de doigts qui se trouvaient sur le sac et les objets qu'il contenait, on retrouva les voleurs. Ainsi Isabelle contribua à mettre deux méchants bandits en prison. Elle en fut très fière.