Isabelle
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Le cadeau. (Partie 2)

     En commençant ce récit, je voudrais dire merci à celui ou celle qui a trouvé la bague bleue d'Isabelle et qui a eu la grande gentillesse de la lui rendre. Découvre le début de ce passionnant récit sur Isabelle n° 53 La bague blue.

Notre amie est très heureuse de tenir cette bague. Lorsqu'une larme y tombe, une fumée bleue s'en échappe. Cette fumée bleue forme ensuite un nuage bleu, et dans ce nuage bleu apparaît un fantôme bleu qui vient en aide à celui ou à celle qui pleure.


Isabelle jouait dans sa chambre avec son frère Benjamin.

Tout à coup, les deux aînés, Bertrand, l'étudiant de dix-neuf ans et Benoît qui a treize ans, frappèrent à la porte des cadets et les firent venir secrètement et en silence chez eux.

Isabelle, cinq ans et demi, partage la chambre avec Benjamin, sept ans et demi. Il dort au-dessus sur le lit superposé.

Tandis que les deux plus jeunes entraient chez les grands, Benoît resta près de la porte pour s'assurer que les parents, en bas au salon, ne montaient pas et n'entendaient pas la conversation.

Bertrand regarda Isabelle et Benjamin.

- Vous savez que samedi prochain, on fait une fête à la maison. Papa et maman célèbrent leurs vingt ans de mariage. Comprends-tu ce que cela veut dire, Isabelle?

- Très bien, répondit la fillette. Cela veut dire, qu'ils se sont mariés il y a vingt ans.

- Il faut leur faire un beau cadeau, enchaîna Bertrand. Benoît et moi nous allons acheter un nouveau tapis pour le salon. Vous avez remarqué ce tapis effiloché et très abîmé. Je crois que les parents seront très contents. Et vous autres, qu'allez-vous choisir?

Benjamin prit la parole.

- Je vais acheter une cravate à papa, une cravate avec de petits éléphants.

Benoît l'interrompit en disant qu'une cravate convenait pour papa seulement. Or la fête concerne les deux parents. Le garçon rétorqua que parfois maman, très moderne,  met une cravate à son travail. Papa pourrait la lui prêter. Ce serait un cadeau pour tous les deux.

Isabelle n'avait pas d'idée. Elle annonça qu'elle allait réfléchir d'ici samedi. Les deux plus jeunes se retirèrent dans leur chambre.


Le samedi suivant, en début d'après-midi, Benjamin montra son cadeau secrètement à Isabelle. Notre amie songea qu'elle n'avait absolument rien à offrir. Elle se mit à pleurer.

- J'aime bien papa, j'aime bien maman. Je veux leur donner un beau cadeau. Comment puis-je faire?

Benjamin ne répondit pas. Il sortit de la chambre.

La fillette pleura encore un peu puis sécha ses larmes. Une d'entre elles tomba sur la bague bleue. La fumée bleue sortit, qui forma un nuage bleu. Le fantôme bleu apparut.

- Pourquoi pleures-tu? Que puis-je faire pour toi?

- Je pleure parce que je n'ai pas de cadeau pour mes parents. Ils fêtent tantôt leurs vingt ans de mariage. Je voudrais leur offrir quelque chose de beau. Oh toi, peux-tu me préparer un cadeau pour papa et maman?

- Je ne peux pas, répondit le fantôme.

- C'est ennuyeux, se plaignit Isabelle. Tu réponds toujours ainsi. Tu ne sers à rien, alors!

- Je vais te proposer quelques idées que toi tu pourrais réaliser. Tu souhaites trouver un magnifique cadeau pour tes parents?

- Oh oui! affirma notre amie.

- Un énorme cadeau?

- Oui! 

- Tu veux que ton cadeau soit le plus beau de toute leur vie?

- Bien sûr, confirma la fillette en se réjouissant.

- Pourquoi n'irais-tu pas à l'arbre de la sorcière? Tu n'as qu'à grimper sur la troisième branche et puis descendre dans le tronc puisque cet arbre est creux. Tu te tiendras aux échelons comme l'autre fois. Et quand tu arrivereras en bas, tu ouvriras la porte étrange. Tu te souviens de la formule magique?

- Je crois bien, dit Isabelle. Les yeux ouverts, la bouche fermée, les oreilles ouvertes et le nez pincé. Et il faut faire les gestes.

- Bravo, félicita le fantôme bleu. Une fois dans la grotte baignée de lumière bleue, tu ouvriras les trois coffres. Tu prendras des pièces d'or dans le premier, des rubis dans le second et des diamants dans le troisième. Tu auras un merveilleux des cadeau. Tes parents vont adorer.

- Mais les animaux vont sortir. L'araignée du coffre d'or, le rat du coffre de pierres précieuses et le serpent se sauvera du troisième. Je ne pourrai plus réouvrir la porte.

- As-tu déjà oublié comment les remettre dans leur boîte sans les toucher?

- Ah oui, je me rappelle. Il suffit de prendre une poignée de pierres précieuses ou de pièces en or et faire « cliquetis, cliquetis, cliquetis » en les laissant retomber. L'animal revient aussitôt à sa place. Il n'y a plus qu'à fermer le coffre.

- Très bien, complimenta le fantôme bleu.

- Mais, ajouta Isabelle, si la sorcière vient...

- Tu feras très attention en marchant dans le bois. Tu regarderas bien en montant dans l'arbre et en redescendant. Tu sais que la sorcière est trop grosse pour passer dans le tronc. Seul un enfant mince comme toi peut s'y glisser.

- En effet! Mais je ne peux pas monter sur la première branche de l'arbre. Elle est trop haute.

- Emporte une petite échelle avec toi, suggéra le fantôme.

Il retourna dans la bague bleue.


Isabelle choisit une petite échelle et partit vers le fond du jardin en la taînant derrière elle. Elle allait se glisser sous la barrière quand sa maman l'appela.

- Que fais-tu, ma chérie?

- Une surprise, je ne peux pas le dire.

Maman sourit et ajouta:

- Pas de bêtises surtout!

 

Isabelle traîna l'échelle sous la barrière, traversa le champ de fleurs, passa sous de la clôture de barbelés. Elle faillit tomber dans l'eau de la rivière. Elle se rattrapa à la dernière seconde, mais se mouilla solidement. Enfin, elle gravit la pente du bois de sapins et se dirigea vers l'arbre creux. Elle regarda à gauche, à droite. Elle ne vit pas de sorcière.

Parvenue au pied du grand arbre creux, elle posa l'échelle contre le tronc. Elle observa encore une fois autour d'elle puis escalada les échelons.

Elle atteignit la première branche. De là, elle se hissa sur la seconde et enfin sur la troisième. Un dernier regard autour d'elle. Pas de sorcière en vue. Elle se glissa dans le tronc de l'arbre.

Plus elle descendait, plus elle avait froid. Il faisait noir. Elle avait très peur. 

Parvenue tout en bas du tronc, elle aperçut l'énorme porte qui ne s'ouvre ni avec une poignée ni avec une clé, mais avec la formule magique. Cette porte ressemble à une tête de mort. On distingue les trous des yeux où dansent des petites lumières vertes, les trous du nez, et les dents bougent à cause du courant d'air qui siffle.

Isabelle murmura:

- Les yeux ouverts, la bouche fermée, les oreilles ouvertes et le nez pincé, en faisant les gestes.

La porte s'ouvrit. Elle entra dans la grande grotte, baignée de lueur bleue. Elle s'approcha, pas très rassurée, des trois grands coffres.

 

Elle se dirigea vers le premier et l'ouvrit. Elle saisit le sac à dos qu'elle avait emporté pour y placer les pierres précieuses. Elle compta, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix pièces d'or. Pendant ce temps-là, la grosse araignée sortit et se sauva vers un coin de la grotte.

Isabelle, laissant le coffre ouvert, se dirigea vers le deuxième. Il brillait des feux de ses rubis rouges, ses émeraudes vertes et ses saphirs bleus, pierres précieuses de grande valeur. Elle en choisit vingt et le gros rat sortit et fila dans un coin.

Elle ouvrit le troisième coffre, celui aux diamants. On aurait cru qu'il contenait un soleil. Elle prit les plus beaux brillants qu'elle put découvrir, gros comme des noix. Papa et maman allaient être drôlement contents. Elle les poussa dans son sac.

Ensuite elle retourna au premier coffre. Elle prit une poignée de pièces d'or et les laissa retomber. Cela fit « cliquetis, cliquetis, cliquetis ». L'araignée retourna à sa place. Notre amie rabattit le couvercle.

Ensuite, elle saisit une poignée de rubis et les laissa tomber en pluie. Le rat revint dans le coffre. Elle le referma convenablement.

Puis elle prit une poignée de diamants. On aurait cru voir une rivière de lumière et de soleil couler entre ses mains. Ils firent aussi « cliquetis, cliquetis, cliquetis ». Le serpent se précipita.


Au moment où Isabelle allait rabattre le couvercle du coffre, le serpent siffla:

- Attends, attends, ne ferme pas s'il te plaît!

Isabelle, surprise, étonnée, observa l'animal.

- Comment se fait-il que tu parles?

- Je parle parce que je ne suis pas un vrai serpent.

- Comment ça?

- Je t'explique. Je suis un monsieur, un papa, et j'ai été changé en serpent par la sorcière. Et l'araignée n'est pas une vraie araignée, mais une maman. Le rat est aussi un monsieur, un autre papa. Personne ne vient jamais ici.

- C'est parce que l'arbre est trop étroit, expliqua Isabelle. Seuls des petits enfants minces comme moi peuvent réussir à s'y glisser.

- S'il te plaît, petite fille, aide-nous. Nous voudrions tant redevenir des hommes et des femmes et retourner dans nos familles, dans nos foyers, dans nos maisons. S'il te plaît, ne nous abandonne pas. Aide-nous.

- Je veux bien, murmura notre amie. Mais que dois-je faire?

- Va au fond de la grotte, expliqua le serpent. Tu apercevras un petit tunnel, un couloir très sombre. Marches-y courageusement. Tu entreras dans une grotte toute noire. Tu apercevras un rocher blanc assez grand, carré et lumineux. Tu le verras tout de suite. Ne bouge pas. Attends quelques instants.

Isabelle écoutait en silence.

- Quatre images apparaîtront sur la pierre blanche. Regarde-les bien et retiens-les dans ta tête. Prononce même leurs noms, ce sont des mots magiques. Mais dis-les tout bas. Ne crie surtout pas, car si nous venions nous l'araignée, le rat et le serpent, à les entendre, nous serions instantanément changés en femme et en homme et nous ne pourrions pas sortir de la grotte. Nous y demeurerions enfermés car nous ne pouvons pas passer par le creux de l'arbre. Il est trop étroit.

- D'accord, fit notre amie.

- Ensuite, tu reviendras ici, et tu nous emporteras avec toi. Tu remonteras dans l'arbre, tu descendras par ton échelle et à ce moment seulement tu pourras prononcer les trois mots magiques bien fort.

- Et le quatrième, à quoi sert-il?

- Le quatrième mot, c'est le plus important. Il fait disparaître la sorcière pour toujours. Retiens-le bien. Ne l'oublie pas.


Isabelle se dirigea vers le couloir sombre. Elle le suivit le cœur battant. Elle entra dans la grotte totalement noire. Elle avait très peur. Mais elle aperçut le rocher blanc.

Pendant un instant, elle ne bougea pas. Elle écoutait. On n'entendait pas un bruit. Soudain, elle vit une première image apparaître sur le rocher blanc. Une locomotive. Puis, elle aperçut un château. Après ce fut un moulin. Et enfin, elle vit apparaître un corbeau. Elle répéta tout bas:

- Locomotive... château... moulin... corbeau...

Puis elle repassa par le couloir sombre. Elle entra dans la grotte baignée de lumière bleue. Elle s'approcha des trois coffres. Mais elle n'osait pas prendre l'araignée en main. Et elle avait peur du rat et du serpent.

- Tu as retenu les quatre mots? chuchota le serpent.

- Oui, répondit Isabelle, dans un souffle.

- Courage, fais-nous sortir à présent.

Notre amie n'osait décidément pas toucher l'araignée, même que ce n'était pas une vraie. Elle tendit seulement sa main. L'araignée monta sur l'épaule gauche d'Isabelle. Elle osa prendre le rat. Elle le glissa dans une poche arrière de sa salopette. Sa tête et ses pattes de devant dépassaient. Ensuite, elle saisit le serpent et le plaça autour de son cou comme une écharpe.

Elle se dirigea alors vers la porte squelette.

- Les yeux ouverts, la bouche fermée, les oreilles ouvertes et le nez pincé.

La porte ne s'ouvrit pas.

 

- Pourtant j'ai fait les gestes, murmura la fillette.

Isabelle se rappela alors que cette porte ne s'ouvre que si les animaux sont enfermés à leur place, dans les coffres. Elle se mit à pleurer car elle ne pouvait pas sortir de la grotte. Une larme tomba sur la bague bleue qu'elle portait à son doigt. La fumée bleue en sortit qui forma le nuage bleu où apparut le fantôme bleu.

- Que se passe-t-il? Que puis-je pour toi? demanda le fantôme.

- Je pleure parce que je voudrais aider les deux papas et la maman devenus l'araignée, le rat et le serpent, mais je n'y arrive pas. S'ils ne sont pas à leur place dans leurs coffres, je ne peux pas ouvrir la porte. Tu peux le faire?

- Non, dit le fantôme bleu. Ça, je ne peux pas.

- Mais tu ne sers à rien, alors!

- Je vais te dire ce que toi tu dois faire. Tu dois compléter la formule magique. Quand tu auras pincé ton nez, tu ajouteras: l'araignée sur l'épaule, le rat dans la poche et le serpent autour du cou, avec les gestes. Et n'oublie pas ton sac avec les pierres précieuses et les pièces d'or pour tes parents.

Le fantôme retourna à sa place dans la bague.

 

Isabelle se présenta de nouveau devant la grande porte. Elle murmura la formule magique complète.

- Les yeux ouverts, la bouche fermée, les oreilles ouvertes et le nez pincé, l'araignée sur l'épaule, le rat dans la poche, et le serpent autour du cou.

La porte s'ouvrit. Notre amie remonta les échelons à l'intérieur du tronc d'arbre creux.


Pendant ce temps-là, la sorcière venait d'arriver. Elle aperçut l'échelle posée contre le tronc.

- Oh, s'écria la méchante femme. Quelqu'un est monté et visite mon trésor. Qui cela peut-il bien être?

En colère, elle s'arracha quelques horribles cheveux.

- Certainement pas un homme ou une femme. Ils ne peuvent pas passer. Ils sont trop forts ou trop gros. Peut être qu'un enfant s'est risqué... Mais oui, songea la sorcière. Ce doit être cette sale gamine que j'ai vue l'autre jour, cette sale gamine avec ses tresses blondes et sa salopette. Comment s'appelle-t-elle encore? Oui, Isabelle! Je me souviens.

La sorcière était dans une rage folle.

- Je vais enlever l'échelle. Non, elle est capable de sauter depuis la branche. Oh, j'ai une bonne idée. Je vais me cacher derrière un arbre et la laisser redescendre. Quand elle mettra le pied sur son échelle, je la transformerai en fourmi. Quelle bonne idée! Et je l'enfermerai dans la grotte pour toujours, dans un coffre avec des perles.

La méchante femme partit se cacher derrière un gros tronc.


Isabelle parvint tout en haut de l'arbre. Elle regarda partout, mais ne vit pas la sorcière. Elle passa de la troisième branche à la deuxième puis de la deuxième à la première. Elle regarda encore soigneusement autour d'elle. Elle ne remarqua rien. Elle posa le pied sur son échelle. La sorcière sortit de sa cachette.

Que faut-il crier à ce moment? Vite! J'espère que tu n'as pas oublié...

- Corbeau, hurla la fillette en se retournant.

La sorcière disparut et pour toujours.

 

Isabelle mit pied à terre. Elle posa le serpent sur le sol. L'araignée sauta dans les feuilles mortes. Le rat sortit de la poche.

Alors notre amie prononça les mots magiques qu'elle avait retenus.

- Locomotive.

Et l'araignée se changea en une charmante dame.

- Château.

Le rat se transforma en homme.

- Moulin.

Le serpent redevint un papa également.

Les deux hommes et la femme embrassèrent chaleureusement Isabelle et la félicitèrent. Tous revinrent vers sa maison.


Soudain, elle s'aperçut que son sac à dos paraissait bien léger. Elle l'ouvrit et constata qu'il n'y avait plus rien dedans.

En faisant partir la sorcière, elle avait fait disparaître les pierres précieuses, les diamants et les pièces d'or en même temps.

Isabelle sentit couler quelques larmes sur ses joues, mais elle n'eut pas le temps de pleurer vraiment. Les deux hommes et la femme lui promirent de l'accompagner jusqu'à sa maison et de tout expliquer à ses parents.


Notre amie hésita un instant devant la porte, puis elle sonna. Ses parents ouvrirent.

- Isabelle! Où étais-tu? On te cherchait partout...

- Papa, maman, je voudrais vous dire...

- Chut, dit le monsieur qui avait été un serpent. Je vais tout raconter.

Notre amie entra dans la maison avec les deux messieurs et la dame. Bertrand et Benoît descendaient l'escalier avec leur gros paquet sur les épaules. Ils souhaitèrent un bon anniversaire de mariage à maman et papa et déroulèrent un magnifique tapis.

- Quelle merveille! s'écrièrent les parents. On va éliminer le vieux tapis du salon et on mettra celui-là à la place. Bravo les garçons! Bravo pour votre bon goût et merci pour ce merveilleux cadeau.

Benjamin fut très fier d'offrir la cravate aux petits éléphants.

- Je te la prendrai de temps en temps, annonça maman à papa.

Les parents étaient très heureux.

Isabelle fondant presque en larmes, avoua qu'elle n'avait pas de cadeau pour eux. Alors l'homme qui avait été un serpent prit la parole.

- Madame, monsieur, nous allons partir. On nous attend depuis longtemps dans nos foyers. Mais avant cela laissez-moi vous raconter l'histoire de votre petite fille. Elle voulait vous offrir un merveilleux cadeau pour vos vingt ans de mariage. Le plus beau cadeau de votre vie.

Tout le monde écoutait en silence.

- Elle est courageuse, intelligente et débrouillarde. Courageuse, elle a osé retourner dans l'arbre creux de la sorcière pour vous choisir des pierres précieuses. Intelligente, elle a retenu les mots magiques grâce auxquels nous sommes redevenus des êtres humains, alors que nous étions métamorphosés en animaux par l'horrible sorcière. Débrouillarde, elle a fait disparaître cette méchante femme pour toujours. Mais les diamants, les rubis et les pièces d'or ont disparu en même temps que la sorcière.

Le monsieur, ancien serpent, continua.

- Nous vous félicitons pour vos vingt ans de mariage et voici votre cadeau. Le plus beau cadeau de votre vie. C'est votre enfant. Le voici!

Maman prit Isabelle dans les bras et la serra très fort. Papa serra maman avec Isabelle au milieu. Notre amie pouvait à peine respirer. Bertrand, Benoît et Benjamin entourèrent les parents et notre amie profita d'un long moment de tendresse et de bonheur.

Elle n'a plus jamais perdu la bague bleue. Elle l'a mise dans une boîte glissée dans un tiroir de sa chambre.

Elle n'est jamais retournée à l'arbre creux.