Béatrice et François
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Les scarabées

Béatrice passait quelques jours de vacances en Bretagne, avec ses parents et son petit frère, le bébé Nicolas. Elle avait eu le bonheur de pouvoir inviter son ami François. Ils ont tous deux sept ans et sont très grands amis.

Les parents avaient loué une petite maison de pêcheurs au bord de la mer. Une grande plage de sable blanc s'étendait vers la gauche à perte de vue. À droite se trouvait un petit port de pêche, et sa jetée terminée par un phare. Plus loin, une assez large rivière déversait ses eaux boueuses paresseusement dans l'océan. Là où se trouvait le vieux port, à l'abandon, et un cimetière de bateaux.

Depuis le quai en béton, où se dressaient une grue rouillée et trois wagons encore sur rail, on apercevait vingt ou trente bateaux qui pourrissaient lentement dans la vase limoneuse brune laissée par la rivière. Un énorme entrepôt, sans doute vide, mais envahi de toiles d'araignées et de rats complétait le tableau sinistre.

Béatrice et François s'y rendirent le deuxième jour. Ils passèrent sous la grue, observèrent les wagons immobiles et les bateaux parfois couchés sur le flanc.


La nuit du deuxième au troisième jour, Béatrice s'éveilla sans raison. La montre lumineuse qui brillait au poignet de son copain qui dormait dans le lit à côté du sien, indiquait presque minuit.

La fillette se leva. Quand elle s'éveille ainsi, la nuit, chez elle, elle allume et lit quelques pages d'un livre. Mais ici, elle n'osa pas, car la lumière risquait d'éveiller François.

Elle avança jusqu'à la fenêtre. La nuit était étoilée. Elle aperçut, au loin, la masse sombre du hangar et la flèche de la grue, dressée vers le ciel, comme un bras de géant.

Elle remarqua deux faisceaux de lampes de poche entre les bateaux. Qui pouvait bien patauger dans la boue, entre les coques pourries du vieux port, à pareille heure?

Après les avoir observés un moment, notre amie se recoucha, bien décidée à en parler à son copain demain et à tenter, avec lui, d'élucider ce mystère. Elle s'endormit rapidement.

- Ce sont des voleurs, affirma François. Tu as vu des voleurs et ils ont sans doute une cachette où ils dissimulent le produit de leurs vols. Viens, allons voir.

Ils partirent tous deux vers le vieux port, après le petit déjeuner.


Le soleil était déjà chaud. Nos amis arrivèrent près de la grue. Deux enfants jouaient sur le pont d'un bateau plat, à quelques mètres du quai. Un garçon, le plus grand, et une petite fille. Ils aperçurent François et Béatrice. Ils les appelèrent.

- Vous venez jouer avec nous? cria le garçon.

- Pourquoi pas, répondit François. Comment t'appelles-tu?

- Loïc. Et elle c'est ma petite soeur Anne. Elle a six ans.

Loïc en avait neuf.

- Vous jouez à quoi? demanda Béatrice.

- On joue à pirates.

François et Béatrice se regardèrent.

- On vient comment? dit Béatrice. C'est plein de boue.

- Vous n'avez quand même pas peur de vous salir? Mettez-vous pieds nus comme nous et venez. Vous n'aurez de l'eau que jusqu'aux genoux.

Nos amis descendirent le long d'un plan incliné et rejoignirent Loïc et Anne, sur un bateau abandonné.

- On joue comment?

- Moi, je suis Buck le pirate, dit Loïc. Ma petite soeur est avec moi et toi, tu es qui?

- Je serai Ourq le corsaire, répondit François.

- Très bien, tu es un corsaire du roi. Choisis un bateau, il y en a vingt-cinq. Ne va pas aux cinq grands qui sont là-bas, tu aurais de la boue jusqu'au ventre ou au cou.

François et Béatrice choisirent un bateau échoué et y montèrent.

- On se bat comment? demanda François.

- Tu ramasses deux coquillages. Tu les jettes sur moi ou ma soeur. Celui qui est touché est mort. Ta copine a droit à deux coquillages aussi.

-Seulement deux? s'étonna Béatrice.

- Oui, car les révolvers au temps des pirates ne tiraient que deux fois. Ensuite il fallait recharger. Ça prenait du temps. Quand tu auras lancé tes deux coquillages tu en ramasseras deux autres si tu n'es pas tué avant.

Béatrice et François choisirent deux coquillages chacun. Ils descendirent du bateau et avancèrent en se cachant vers celui de Buck le pirate-Loïc . François aperçut Anne et lui lança un coquillage.

- Touchée, tu es morte, dit-il.

C'était un piège. Loïc contourna une barque et lança un coquillage à son tour.

- Tu es mort Ourq-François. Mais où est ta soeur?

Béatrice avait aussi contourné un bateau pourrissant et tentait à présent de l'escalader. Loïc vit les mains de Béatrice. Il s'approcha et lança son second coquillage.

- Victoire, cria le garçon.

- Tu as gagné, dit Béatrice en souriant. Mais Loïc, cette nuit tu n'as pas vu des lumières de lampes de poche par ici?

- Je te l'avais dit, intervint Anne. Mais tu ne m'as pas crue.

- Ma petite soeur m'a raconté, ce matin, qu'elle a aperçu des lumières, ici près de la grue, vers minuit. Je lui ai dit qu'elle avait rêvé, mais c'est donc vrai....

- Oui, expliqua Béatrice, je me suis éveillée vers la même heure qu'elle, sans doute. Il y avait deux faisceaux, deux lumières et donc au moins deux personnes. Ils sont allés au milieu du cimetière de bateaux.

- Où cela exactement? demanda Loïc.

- Je ne sais pas au juste. Ils se sont éloignés de la grue. Je parie qu'ils ont caché quelque chose dans une des épaves.

- Certainement des voleurs, dit Loïc. Ils ont caché leur butin, mais où? Il y a vingt-cinq bateaux, plus les cinq grands, là-bas.

- Ils vont peut-être revenir, dit Anne.

- On pourrait essayer de les espionner, proposa François. Revenons ici ce soir un peu avant minuit.

- Bonne idée, dit Loïc. On se cachera à l'ombre de la lune, sous la grue.

- Rendez-vous ici à onze heures cinquante-cinq, cette nuit.

Les quatre enfants se séparèrent.


Au soir, Béatrice et François veillèrent à ne pas s'endormir. Vers vingt-trois heures trente, ils s'habillèrent vite et sortirent sans bruit de leur chambre. Une fois dehors, ils coururent vers le vieux port.

- François, regarde, il y a une voiture arrêtée sous la grue.

- Tu as raison, Béatrice, et on dirait qu'il y a des gens dedans. Je vois des ombres qui bougent.

- Leurs phares sont éteints. Ce sont peut-être les voleurs.

- Cachons-nous derrière le hangar et attendons Loïc et sa soeur.

Béatrice et François se serrèrent à l'angle de l'entrepôt. Les ombres bougeaient dans la voiture, mais la lumière de la lune ne suffisait pas pour les distinguer nettement.

Loïc arriva avec Anne. Il avait une lampe de poche allumée.

- Éteins, lança François.

- Pourquoi?

- Regarde, nous pensons que les voleurs sont cachés sous la grue dans leur auto.

À ce moment, les quatre portières s'ouvrirent et quatre hommes sortirent de l'auto. Deux d'entre eux, que pour la facilité je vais appeler le chef et le numéro deux, avaient des révolvers et des lampes allumées à la main. Le numéro trois et le numéro quatre portaient un grand et lourd sac noir à l'épaule. Ils descendirent vers les épaves de bateaux par le plan incliné.

- Venez, dit Loïc, suivez-moi. On va se cacher sous les wagons en rampant. On verra mieux et ils ne pourront pas nous apercevoir.

- Et si un train vient? s'inquiéta Béatrice.

- Ces wagons sont là depuis des années, abandonnés. Aucune chance qu'ils bougent.

Les quatre enfants se glissèrent entre les roues en rampant sur les rails.

Les quatre voleurs se dirigeaient vers les cinq grands bateaux, ceux situés plus loin dans la rivière. Ils s'approchèrent du deuxième. Une échelle de corde pendait le long de la coque.

Un homme escalada et prit pied sur le pont du bateau. Sa silhouette noire se détachait sur le fond bleu nuit de la lune.

Les trois autres levèrent le lourd sac que le numéro quatre tira. Tous se retrouvèrent sur le pont du navire abandonné.

- Je parie que ce sac contient ce qu'ils ont volé, dit François.

- Sûrement, chuchota Loïc. Maintenant on sait où ils cachent leur butin, ces voleurs.

Les quatre hommes descendirent un escalier et nos amis ne virent plus rien pendant quelques minutes.

Puis les hommes reparurent un à un. Ils n'avaient plus le sac. Ils descendirent du bateau, passèrent dans la boue et revinrent à leur auto par le plan incliné. Ils secouèrent leur boue, entrèrent dans la voiture et démarrèrent tous feux éteints.

- Ce sont bien des voleurs, dit Anne. Ils n'allument pas leurs phares.

- Allons au bateau, proposa Loïc. On va voir ce qu'ils ont volé, puis on ira prévenir les gendarmes.

- D'accord, dit Béatrice.

- Je vous préviens, ajouta Loïc, à cet endroit on aura de la boue jusqu'au cou.

François portait un vieux short en jean et Béatrice sa salopette verte. Ils se mirent torse nu. Loïc et Anne étaient en short de gym et sandales de gym. Ils étaient déjà torse nu.

- Gardez vos baskets aux pieds, dit Loïc. Le fond boueux est parfois hérissé de vieux clous ou de pointes de ferrailles.

Ils descendirent le plan incliné.


L'eau boueuse de la rivière leur venait au ventre et plus haut à certains endroits. Ils avançaient en silence, l'un derrière l'autre sous la nuit étoilée. Ils n'avaient pas allumé leur lampe de poche pour ne pas être repérés.

Ils parvinrent enfin au bord du bateau échoué, une sorte de longue péniche. Une échelle de corde, invisible du quai, pendait le long de la coque. Ils l'escaladèrent.

Tous les quatre prirent pied sur le pont légèrement incliné du bateau. Il n'y avait plus de cabine mais une trappe ouverte donnait sur un escalier en bois qui menait à la cale. Ils l'éclairèrent avec la lampe. On voyait des traces de boue. Les voleurs étaient passés par là.

Loïc descendit le premier, suivi de près par François. Parvenus au fond de la cale, ils éclairèrent l'espace autour d'eux.

De l'eau stagnait en flaques ici et là, et la peinture noire des parois s'écaillait. Il régnait une odeur piquante de goudron.

Soudain Loïc arrêta le faisceau de sa lampe. Il venait de remarquer un corps au fond la cale. L'homme était couché sur le dos et ne bougeait pas.

Un instant les quatre enfants songèrent à fuir, mais l'immobilité du corps les impressionnait. Loïc s'avança. Anne se retourna, horrifiée.

- Anne, viens voir, c'est Monsieur André Debois. Il ne bouge plus. On dirait qu'il est mort.

Les enfants s'approchèrent, le coeur battant la chamade. François toucha le corps, du bout de son pied. Aucun signe de vie.

- Ils l'ont tué, murmura Anne.

- Qui est-ce? demanda Béatrice.

- Monsieur Debois possède un château à la sortie du village, répondit Loïc. Il est très riche. Il collectionne les scarabées. Il en a tout un musée chez lui. Des vrais épinglés, et venus de tous les continents. Il en a aussi vingt-quatre en or qui ont été trouvés dans la tombe d'un pharaon d'Egypte. C'est le clou de sa collection. Les voleurs sont sans doute allés les voler chez lui et l'ont tué.

- Il faut avertir les gendarmes, dit Béatrice.

- Oui, allons-y vite, car si les voleurs nous voient...

Anne n'osa pas finir sa phrase.

Les enfants remontrèrent l'escalier, passèrent sur le pont incliné du bateau et redescendirent par l'échelle de corde. Ils remontèrent sur le quai par le plan incliné près de la grue. Ils étaient à mi-chemin, quand ils furent pris dans la lumière de phares, ceux de la voiture des voleurs qui revenaient justement.


Les quatre bandits sortirent de l'auto, révolver au poing. Nos amis terrorisés levèrent les bras. Anne sentait des larmes couler le long de ses joues. L'un des hommes, le numéro quatre, dit :

- Chef, les enfants sages dorment à cette heure-ci, mais ceux-là on va les punir, hein chef.

Le numéro quatre n'avait pas l'air très intelligent. Le numéro un, le chef, dit aux numéros trois et quatre :

- Mettez-les dans la voiture, conduisez-les au nouveau port, à notre bateau, et enfermez-les dans une cabine, puis revenez me chercher. On partira en mer et on les jettera aux requins.

Béatrice, François, Loïc et Anne furent obligés de s'asseoir à l'arrière de l'auto sous la menace des armes. Le numéro trois se mit au volant tandis que le numéro quatre surveillait. Ils arrivèrent au port, près du phare et sortirent du véhicule. On les fit avancer sur une passerelle.

- Numéro quatre, enferme-les dans une cabine.

Toujours sous la menace du révolver des voleurs, nos amis furent obligés de monter un petit escalier et d'entrer dans une cabine sombre. Le numéro quatre ferma la porte à clé et revint près de son comparse.

- Voilà, ils sont bien enfermés, et j'ai la clé en poche. Tu vois, le chef dit toujours que je suis bête, mais je fais bien ce qu'il demande.

- Reste sur le pont du navire et surveille. Je prends la voiture et je vais chercher les autres.

Il partit.


Enfermés dans la cabine, nos amis avaient envie de pleurer, ils n'avaient plus qu'une heure ou deux à vivre, avant d'être jetés aux requins.

- Regarde, cria Loïc, là, un hublot. Il est idiot, le numéro quatre. Il nous a enfermés dans cette cabine, mais on peut sortir par là.

Les garçons se précipitèrent vers la fenêtre et l'ouvrirent.

- C'est haut, dit François.

- Si on saute n'importe comment dans l'eau cela fera un plouf terrible et cela attirera l'attention des voleur, réfléchit Loïc. Et puis il faudra nager cent mètres dans l'eau froide du port, jusqu'à l'échelle, là-bas, de l'autre côté. Est-ce que ta petite soeur saura faire cela?

- Anne est une fille de marin, répondit Loïc. Elle a appris à nager avant de savoir marcher. Ne t'inquiète pas pour elle. Mais toi et ton amie?

- Cela ne fait que quatre longueurs de piscine, calcula François. Pas de problème.

- Tu vas te glisser, par les pieds, à travers le hublot, sur le ventre. Tu iras à reculons en rampant. Tu te laisseras pendre par les mains le long de la coque du bateau et ainsi en lâchant, tu ne feras qu'un petit plouf. Les filles et moi, nous te suivrons en faisant de même.

Béatrice et Anne s'étaient, pendant ce temps, approchées de la table où un coffre fermé intriguait notre amie. Elle réussit à l'ouvrir sans difficulté. Il contenait vingt-quatre petits scarabées en or, des bijoux merveilleux et sûrement de grande valeur. Des hiéroglyphes étaient sculptés dans le bois doré de la boîte.

- Les amis, venez voir, j'ai trouvé les scarabées volés à Monsieur André Debois. Ce sont des bijoux égyptiens, qui datent du temps des pharaons.

- On les prend avec nous, dit François. On les donnera aux policiers, preuve de nos découvertes.

Loïc et Anne n'avaient, torse nu, qu'un petit short de gym avec une poche à l'arrière. François un vieux jean court. Béatrice prit les scarabées et les glissa dans les nombreuses poches de sa salopette verte.

Puis, à tour de rôle, ils sortirent par le hublot.

Loïc, le dernier, se glissa, en arrière, à travers l'étroite fenêtre ronde. Mais au moment où il se tenait pendu par les mains, il se blessa à l'index à un clou qui dépassait. Loïc poussa un petit cri et tomba dans l'eau avec grand bruit.

Le numéro quatre, attiré par ce qu'il avait entendu, traversa le pont du bateau et se pencha par-dessus le bastingage. Il aperçut des ronds dans l'eau. Il ne vit personne. Il en conclut que ce devait être un poisson. Il retourna de l'autre côté du bateau, près du quai.

Loïc avait, après sa chute, entraîné ses amis derrière le bateau et tous les quatre s'étaient accrochés au gouvernail. Aussi, le numéro quatre n'avait pas pu les voir. Ils nagèrent l'un près de l'autre, vers les quais situés en face de la jetée, à cent mètres de là.

Anne les précédait. Elle nageait comme un poisson. Béatrice avait plus difficile à suivre, alourdie par sa salopette qui lui collait à la peau, les poches remplies par les vingt-quatre scarabées d'or.

Parvenus près d'une échelle en fer, ils se hissèrent vers le quai.


Juste à ce moment, ils aperçurent la voiture des voleurs. Le numéro trois était allé chercher le chef et le numéro deux. L'auto s'arrêta près de la passerelle. Ils montèrent sur leur bateau.

- Chef, j'ai bien obéi aux ordres, annonça le numéro quatre. Ils sont enfermés dans une cabine et j'ai la clé. Ils ne peuvent pas s'enfuir.

Le patron des voleurs observa la clé.

- Mais, c'est la clé de ma cabine. Tu les a enfermés dans ma cabine?

- Ce n'est pas bien, chef?

- Idiot, il y a un hublot. Les enfants peuvent sortir par là.

- Ils n'ont que sept ou huit ans chef. Ils n'oseront pas. Et puis ils tomberaient dans l'eau du port.

-Parce que tu crois, cria le chef, qu'à sept ou huit ans, comme tu dis, les enfants ne savent pas se débrouiller? Ils sont bien plus malins et courageux que tu crois. Tu n'as rien entendu?

- Non chef, sauf un poisson volant qui a fait plouf.

Le patron, suivi par les autres, se précipita vers la cabine.

- Moteur en route, ordonna-t-il au numéro deux. On part.


Pendant ce temps nos amis étaient sortis de l'eau par l'échelle en fer. Ils couraient, trempés, vers le poste de gendarmerie.

Ils eurent la chance d'apercevoir une voiture de police, illuminée comme une guirlande de Noël et qui fonçait dans la nuit. Les enfants firent des signes. La voiture s'arrêta.

- Que faites-vous dehors à pareille heure?

- On a été attrapés par quatre voleurs, expliqua François.

- Ils ont tué  Monsieur André Debois, ajouta Loïc.

- On a trouvé son corps dans un bateau abandonné du vieux port, dit Anne.

- J'ai les scarabées d'or en poche, renchérit Béatrice.

Elle en sortit deux d'une de ses poches et les montra.

-Nous sommes à la recherche de ces bandits, répondirent les policiers. Où sont-ils?

- Leur bateau quitte le port, dit Loïc, en montrant la pointe de la jetée.

- Trop tard, enragèrent les gendarmes.

- Non, cria Anne, regardez, le bateau revient.


Lorsque le chef entra dans sa cabine, il vit aussitôt le hublot ouvert, il remarqua ensuite le coffret aux scarabées d'Égypte, vide.

- On retourne au port, commanda-t-il au numéro deux. Vite. Si ces enfants rencontrent des policiers, on est bons pour dix ou vingt ans de prison.

Quand le bateau accosta au quai, les policiers n'eurent plus qu'à cueillir les quatre hommes, les menotter et les emmener en prison.

Béatrice remit les scarabées, qui furent rendus à Madame Debois..


Trois jours plus tard nos amis étaient à l'enterrement de Monsieur André Debois à l'église du village. Les parents de Béatrice accompagnaient avec le bébé Nicolas, le petit frère de notre amie. Les parents de Loïc et Anne y étaient aussi.

À l'issue de la cérémonie, Madame Debois voulut remercier les quatre enfants. Elle les félicita pour leur courage.

- Vous avez dû avoir très peur, cette nuit-là.

- Oh oui, s'écria Anne.

- Je voudrais que vous gardiez un souvenir de mon époux. Voici, c'est pour vous.

Chacun de nos amis reçut un scarabée d'or du Pharaon d'Égypte.