Christine
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Quatre pierres magiques

-Papa, j'ai la tête qui tourne. Je sens des nausées et j'ai des crampes au ventre.
Christine était assise sur un tronc d'arbre aux côtés de son père. Ils venaient de finir le casse-croûte emporté avec eux au matin.
Notre amie a dix ans. Elle ne va pas à l'école car le village est trop loin, elle étudie avec sa maman à la maison. Elle a le don de parler aux animaux qui ont quatre pattes, deux pattes et aux serpents. Mais tout cela, tu le sais bien.
Tu sais aussi que parfois elle aide son père, bûcheron, au milieu des bois. Elle empile avec soin les bûches coupées le long du chemin ou charge une remorque que l'on ramènera tantôt à la maison.
Ce jour-là, elle travaillait sans relâche depuis l'aube.
Il faisait très chaud. Elle n'avait sur elle que sa vieille salopette en jean et des sandales de gym aux pieds, mais elle avait beaucoup transpiré. Quelques lignes brunes de sueur mêlée à de la poussière zébraient ses joues entre ses longues tresses.
-Tu m'as bien aidée, ma chérie, répondit le papa. Retourne à la maison. Je crois que tu as trop chaud. Merci pour ton coup de main.
Christine choisit de ne pas suivre la route sinueuse un peu longue qui mène chez elle, mais de passer à travers tout. Ce serait plus direct et plus rapide.
Voilà pourquoi, en traversant une clairière qu'elle ne connaissait pas, elle fit une étrange découverte qui lui fit vivre ensuite une incroyable aventure.

Elle marchait depuis une demi-heure, écartant les fougères un peu coupantes, évitant de se griffer aux ronces, quand elle déboucha dans un vaste espace d'herbes hautes, de fleurs et de papillons. Une masse grise encombrait cette clairière.
C'était un rocher arrondi, de la taille d'un hippopotame, et dont la surface était criblée d'une multitude de trous. Christine s'en approcha.
Cette pierre faisait penser à une énorme ruche d'abeilles abandonnée. Notre amie fit encore trois pas, avec prudence.
La surface gris cendré était rugueuse. C'était une roche de lave, émise, catapultée, il y a des millions d'années, depuis la zone de volcans, aujourd'hui éteints, qui jouxte la forêt des grands ormes où habite la fillette.
Les trous, nombreux comme ceux que l'on voit à la surface d'un dé à coudre, se prolongeaient vers le centre du rocher en petits tunnels de taille irrégulière. Certains étaient noyés d'eau de pluie.
Christine, curieuse comme toujours, aperçut une pierre ronde au fond de quatre d'entre eux. Passant la main, puis glissant le bras, elle réussit à les extraire hors de leurs conduits.
Elle vérifia ensuite qu'il n'y en avait pas d'autres, mais elle n'en trouva plus.

Chacun de ces cailloux plats et lisses, de forme ovale, avait environ cinq centimètres dans son plus grand diamètre et comportait deux surfaces lisses à la manière de pastilles ou de bonbons à la menthe.
Sur une des deux surfaces de chacun d'entre eux se trouvait un dessin gravé en bas-relief. Sur l'une, une fleur à sept pétales, sur l'autre un papillon, sur la troisième un oiseau, et sur la quatrième une libellule.
Christine regarda autour d'elle. Il n'y avait personne. Elle se sentait un peu comme une voleuse. Pouvait-elle emporter ces jolies pierres gravées ? Elle les glissa dans la poche bavette de sa salopette puis continua sa marche vers la maison.
Les crampes et le vertige étaient passés.
Revenue chez elle, elle posa ses quatre trouvailles sur la table dans sa chambre, au hasard, mais en carré. L'oiseau, la libellule, le papillon, la fleur à sept pétales.
Elle les observa encore, les prenant à tour de rôle en main, souriante, heureuse de sa découverte.

La nuit était tombée, noyant les couleurs du jour dans le gris argenté des rayons de la lune qui venait de se lever. Chachou, le hibou de Christine, se posa sur le bord de la fenêtre de la chambre de notre amie. Il lui a appris autrefois à parler aux animaux et à comprendre ce qu'ils disent.
-Comme c'est joli, dit-il en hululant.
-Que vois-tu de joli ? demanda la fillette.
-Ça, fit le hibou en pointant son aile vers la table.
Christine s'assit dans son lit et aperçut une lueur. Elle se leva et marcha vers la table. Les quatre pierres créaient une image vivante en trois dimensions. C'était comme un hologramme.
La fleur se dressait au centre d'un cube transparent dont la base était formée par les quatre pierres. Le papillon était posé sur un des sept pétales jaunes. La libellule tournait autour en cercles gracieux. Christine ne voyait pas l'oiseau mais elle l'entendait chanter.
-Quelle merveille, s'extasia notre amie.
Le hibou était parti.
Christine tendit le pouce et l'index et tenta de saisir le papillon. Il s'envola. La libellule ne se laissait pas attraper. Alors elle toucha un des sept pétales jaunes et fut prise aussitôt par un étrange vertige, pas du tout comme ceux qu'elle avait ressentis à midi dans la forêt. Elle eut l'impression de s'évanouir.
Tout disparut autour d'elle.

Elle ouvrit les yeux quelques instants plus tard, avec la sensation de s'éveiller.
C'était le soir. Elle se trouvait dans une forêt qu'elle ne connaissait pas, au bord d'une rivière qu'elle n'avait jamais vue. Un oiseau chantait. Elle sentit que les quatre pierres se trouvaient dans la poche bavette de sa salopette.
Une libellule bleue vint tourner autour de notre amie, puis s'éloigna en direction d'un îlot qui divisait la rivière en deux courants inégaux. Cet îlot était couvert de roseaux et de berces en fleur.
La libellule allait et venait sans cesse, cherchant à convaincre la fillette de la suivre.
Christine entra dans l'eau avec ses sandales de gym et sa salopette qu'elle mouilla jusqu'au niveau du ventre.
-Pourtant, chez moi, au départ, dans ma chambre, j'étais pieds nus et en pyjama, soliloqua notre amie.
Elle atteignit l'îlot sans difficulté.

La libellule la conduisit entre les roseaux dont les tiges plongeaient dans la boue, forçant notre amie à y patauger. L'insecte se posa sur une fleur. Christine reconnut celle aux sept pétales jaunes.
Juste à côté, se trouvait ce qui ressemblait à un anneau en fer, plongé à moitié dans la vase.
Christine, intriguée, saisit l'anneau mais ne réussit pas à l'extraire de la boue.
Se baissant elle tira encore, puis se mit à genoux et s'assit sur ses talons. Glissant la main le long de l'anneau, elle découvrit qu'il se prolongeait par une longue barre de fer bien droite, puis par quelque chose qui formait un angle. Mais quoi ?
La curiosité à vif, elle repoussa la vase à pleines mains et empoigna la barre de fer. Tirant de toutes ses forces, elle dégagea une énorme clé. Une clé en fer, très lourde, imposante, très bien sculptée.
Notre amie se leva et retraversa le courant de la rivière pour rejoindre la route en terre qu'elle venait de quitter. Elle rinça plusieurs fois la clé en la plongeant dans l'eau claire et tenta d'ôter la boue qui collait à sa salopette, mais sans grand succès.
Que faire de cette clé ? Et surtout, où aller ? Comment retourner chez elle ?
La nuit tombait.
Christine entendit le bruit de sabots de chevaux martelant les pierres du chemin. Une troupe de trente-deux cavaliers approchait.
Notre amie se mit de côté pour les laisser passer mais ils s'arrêtèrent à sa hauteur. Ils étaient tous armés d'arbalètes.
L'un d'eux observa la fillette d'un air mauvais, puis il appela son chef.
-Ganelon !
Le commandant de la troupe s'approcha et examina notre amie des pieds à la tête.
-Où as-tu trouvé cette clé ?
-Là, sur l'île, répondit notre amie.
-Comment savais-tu qu'elle s'y trouvait ?
-Une libellule m'a menée vers cet endroit. C'est à cause de quatre pierres magiques que j'ai découvertes dans une clairière.
-Menteuse ! Tu n'es qu'une voleuse.
-Ce n'est pas vrai, cria notre amie.
-Conduisons-la chez le prince, proposa un des hommes.
-Ligotez-la, on l'emmène. Et toi, donne-moi cette clé, commanda Ganelon.
L'homme s'empara de la clé en fer. Christine se retrouva les mains liées, et tenue comme en laisse au bout d'une longue corde. Elle dut suivre la troupe en courant derrière les chevaux pour ne pas tomber et être traînée au sol.
Elle arriva en vue d'un imposant château. Ses tours, sur lesquelles flottaient de nombreux drapeaux, avaient fière allure. Il était entouré de douves couvertes en partie de nénuphars.
Les hommes de la troupe firent entrer Christine par une porte étroite puis lui firent descendre un escalier sombre. Ils la poussèrent dans un cachot et refermèrent la porte derrière elle.
Christine s'assit sur les dalles humides du sol et se mit à pleurer.
Puis elle sortit les quatre pierres de sa poche et les posa sur le sol. L'hologramme apparut dans l'obscurité du cachot. La fleur était au centre, l'oiseau chantait, le papillon était posé sur un des sept pétales et la libellule tournait autour.
La fillette entendit du bruit dehors. On venait. Elle reprit les quatre pierres et les glissa dans la poche ventrale de sa salopette.

-Sors de là.
Christine se retrouva devant le terrible Ganelon. Il lui lia les mains derrière le dos. Il tenait la longue clé en fer glissée dans sa ceinture.
-Avance, monte cet escalier. Le prince veut te voir.
Pas rassurée du tout, la fillette suivit des longs couloirs, puis pénétra dans une somptueuse salle à manger. Une cinquantaine de personnes se trouvaient là autour de grandes tables, installées en fer à cheval.
Un silence se fit dans l'assemblée. Ganelon poussa notre amie vers le centre du cercle, devant la table du prince.
-Voici la sorcière, monseigneur.
-Détache-lui les mains.
-Faites attention, monseigneur. Elle peut être dangereuse ou bien tenter de s'enfuir. Regardez comme elle est sale. Ce doit être une fille de sorcière. C'est sans doute une voleuse. Nous l'avons trouvée près de la rivière. Elle tenait cette clé en main, celle qui avait disparu et que vous recherchez depuis la mort de votre grand-père.
Ganelon posa la lourde clé sur la table du prince. L'homme avait un regard bon. Il observa Christine des pieds à la tête en silence.
-Je t'ai demandé de lui libérer les mains, dit-il ensuite.
Il fit signe à notre amie d'approcher. Elle fit deux pas en avant.
-Où as-tu découvert cette clé ?
-Sur un îlot de la rivière, prince. Elle était enfoncée dans la boue, entre les roseaux.
-Comment savais-tu qu'elle se trouvait là ?
Christine hésita un instant avant de répondre. Allait-on la prendre pour une folle ou pour une sorcière si elle révélait la vérité ? Elle observa l'assemblée. Tous ces gens richement habillés la regardaient en silence. Le prince lui parut digne de confiance.
-Je suis arrivée à cet endroit par la magie de quatre pierres que j'ai découvertes par hasard dans la forêt où j'habite avec mes parents. Elles m'ont menées, je ne sais pas pourquoi, au bord de la rivière. Une libellule m'a invitée à la suivre sur l'île et là, j'ai découvert la clé enfuie aux trois quarts dans la boue.
-Une libellule, dit le prince avec un regard amusé.
-Celle qui apparaît entre mes quatre pierres.
-Peux-tu nous les montrer ?
Christine les posa sur la table, en carré. Mais l'hologramme n'apparut pas.
-Il y a trop de lumière, affirma notre amie. Il faut attendre que le soleil soit couché et que la nuit soit tout à fait tombée.
-Assieds-toi à ma table, ordonna le prince. Et qu'on lui apporte à manger.

La nuit couvrit bientôt le château illuminé par mille bougies. Christine n'avait guère touché au repas qu'on lui avait servi. Elle avait peur et surtout, elle se demandait comment retourner chez elle.
-Montre-nous ta libellule, ordonna le prince.
-Il y a trop de lumières dans la pièce, répondit notre amie. Vous ne verrez rien.
-Qu'on éteigne les bougies, sauf deux, une à chaque extrémité de la salle, près des portes.
-Prince, dit Ganelon, vous prenez des risques. La gamine va s'enfuir ou vous jeter un sort.
-Range ton épée et reste près de la porte.
Christine sortit les quatre pierres de la poche de sa salopette et les posa en carré sur la nappe blanche devant le prince. L'hologramme parut, avec la fleur, le papillon, la libellule et l'oiseau qu'on entendait chanter.
-Quelle merveille, s'écrièrent les gens autour de la table.
-Sais-tu à quoi sert la clé que tu as découverte ?
-Non.
-Ganelon, selle mon cheval. Nous partons. Que dix gardes armés d'arbalètes nous accompagnent. Nous allons à la tour noire. On emmène la fillette.
-Bien maître.

Le prince se leva et confia la clé à Ganelon. Puis, il fit signe à notre amie de le suivre.
Christine remit les quatre pierres dans sa poche et descendit avec la troupe un grand escalier somptueusement éclairé. Tous entrèrent dans la cour du château.
Dix gardes armés attendaient sur des chevaux qui avaient belle allure. Celui du prince était encore plus beau. Il portait une magnifique robe noire. C'était peut-être un Frison.
-Tu sais monter à cheval ?
-Non, avoua Christine.
-Alors viens sur le mien, dit le prince. Et maintenant en route. Nous allons à la tour noire, celle située de l'autre côté de la colline interdite.
Ils partirent dans la nuit. Les soldats portaient chacun une torche allumée à la main. La lune, pleine, brillait au-dessus des arbres.

Ils arrivèrent assez vite au pied d'une vieille tour de pierres noires. Le haut semblait être en ruine, mais le bâtiment avait encore fière allure. Elle se dressait entre les arbres, au pied d'un escarpement de sombres rochers.
La troupe s'arrêta devant une énorme porte faite de volumineuses poutres en bois. Elle était fermée. L'entrée était protégée par une serrure ornée de sculptures en fer. L'orifice avait la taille de la clé que Christine avait découverte sur l'île.
-Donne-moi la clé, Ganelon.
-Prince, vous savez ce qui se cache derrière cette porte...
-Je sais, Ganelon, mais depuis le temps, la bête doit être morte.
Tous mirent pied à terre. Les gardes formèrent un demi-cercle, arbalète en main. Les torches éclairaient la porte en jaune et en rouge. Un hibou hulula dans le bois.
Le prince introduisit la clé dans la serrure et la fit tourner. Un grincement sinistre se fit entendre, suivit par le bruit sec du claquement du pêne qui se dégagea de la gâche. La lourde porte s'entrouvrit.
Chacun retenait son souffle en silence. La charnière grinça à son tour quand deux hommes, désignés par Ganelon, ouvrirent tout grand.

Là se trouvait le squelette d'un dragon ou d'une vouivre, ce serpent fabuleux, ailé, dont on parle dans les légendes. Le crâne, percé de deux trous qui avaient dû contenir les yeux, mesurait près de deux mètres de haut. Le corps, dont il ne restait que les côtes et la colonne vertébrale se prolongeait vers le fond d'un long couloir plongé dans la nuit.
Tous reculèrent. Christine poussa un cri.
Le prince et Ganelon entrèrent dans la tour et longèrent le squelette, l'éclairant de leurs flambeaux. Puis ils revinrent près de notre amie.
-Sais-tu ce qui se trouve derrière ce monstre ?
-Non, prince.
-Reste ici. Voici une torche allumée, pour t'éclairer. Les autres, suivez-moi.
Ils se glissèrent le long des ossements et disparurent au tournant du couloir qui semblait s'enfoncer dans les profondeurs de la terre.

Christine resta seule, à l'entrée, le flambeau à la main. La flamme faisait luire l'horrible squelette.
Elle fit un pas en avant. Elle venait de remarquer quelque chose qui brillait dans le noir. C'était accroché à une des dents du monstre. Ça scintillait en rouge.
Notre amie avança la torche vers la gueule effrayante et l'éclaira mieux.
Ce qui brillait était une bague, accrochée à une dent. Une bague en or, enchâssée d'un rubis de belle taille et sans doute de grande valeur.
Christine tendit le pouce et l'index, malgré sa peur de provoquer un malheur, mais sa curiosité était la plus forte. Elle retira la bague et l'observa avec soin.
-Quelle merveille, murmura notre amie.

La troupe revenait. Les hommes se glissèrent le long du squelette et entourèrent la fillette.
-Regardez, dit Christine en tendant la bague vers le prince. Regardez, je l'ai trouvée accrochée à une dent du dragon.
-C'est sans doute la bague de quelque voleur audacieux ou de quelque chevalier un peu fou, qui aura tenté autrefois de voler le trésor que la bête gardait. Elle est pour toi. Garde-la en souvenir de ton passage en mon château, dit le prince.
Christine remercia puis la passa à son doigt.
Ganelon referma la porte avec la lourde clé qu'il confia ensuite à son maître.
-Allons-y, mes amis. On retourne au château. Mes invités m'attendent, impatients de connaître le récit de notre visite à la tour noire. Toi, fillette, tu es libre. Retourne chez toi.
La troupe disparut dans le bois. Un instant encore, Christine suivit des yeux la lueur des torches qui bientôt disparut, laissant notre amie au pied de la tour éclairée par la seule lumière de la pleine lune.

Christine s'assit et sortit de sa poche les quatre pierres qu'elle avait conservées avec soin. Elle les posa en carré sur une pierre plate. L'hologramme se forma aussitôt.
Notre amie tenta de saisir la libellule, mais en vain. Le papillon voltigeait bien trop vite lui aussi. Notre amie toucha un des sept pétales et le prit entre le pouce et l'index. Il se détacha aussitôt.
Christine le serra entre ses doigts et fut reprise par le vertige qui l'avait tantôt emmenée de sa chambre en ces lieux mystérieux.
Elle se retrouva assise près de son lit, pieds nus et en pyjama. L'hologramme brillait sur le tapis.
Elle l'observa avec attention. Quelque chose avait changé. La fleur n'avait plus que six pétales jaunes.
Notre amie rangea les pierres dans un tiroir de sa table bureau et se coucha, épuisée par les émotions causées par son aventure.

Le lendemain, en s'éveillant, elle crut avoir rêvé. La bague n'était plus à son doigt. Plus aucune trace du merveilleux rubis que le prince lui avait donné.
Souvent, notre amie tenta de faire apparaître le si bel hologramme en plaçant les pierres en carré dans la nuit ou dans la journée. Même à la pleine lune. Jamais il ne se reforma.
Les jours passèrent. Christine pensait souvent à son incroyable aventure. Longtemps elle se demanda si elle avait vécu tout cela ou si ce n'était qu'un beau rêve.